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Des miliciens des Unités de défense du peuple kurde (YPG) en janvier 2015 à Kobané (archives). La Turquie accuse les YPG d'être liées aux séparatistes kurdes turcs du PKK.

KEYSTONE/EPA/SEDAT SUNA

(sda-ats)

La Turquie a mené mardi des raids aériens en Syrie et en Irak qui ont tué plus de vingt membres de forces kurdes impliquées dans la lutte antidjihadiste et soutenues par les Etats-Unis. La région autonome du Kurdistan irakien a dénoncé des frappes "inacceptables".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 18 personnes ont péri dans les frappes turques près de la ville syrienne d'Al-Malikiyah (nord-est), proche de la frontière turque. Les victimes sont "quinze combattants" des Unités de protection du peuple kurde (YPG) et "trois membres d'un centre de médias".

Cette attaque est l'une des plus meurtrières menées par Ankara, qui qualifie les YPG de "terroristes". Elle est survenue au lendemain de l'entrée des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde composée en grande partie de membres des YPG, dans la ville de Tabqa, un verrou sur le chemin vers Raqa, capitale de facto de l'EI en Syrie.

Les raids nocturnes ont visé "une base qui abrite un centre de communication pour les médias et des installations militaires", selon les YPG.

"Violations turques"

Dans leur offensive pour reprendre Raqa lancée en novembre, les FDS sont soutenus dans les airs par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. "Il est impensable que nous combattions sur un front aussi important que Raqa et qu'au même moment les avions turcs nous attaquent", a dit un commandant de la milice kurde des YPG.

"Nous demandons à la coalition d'intervenir pour faire cesser les violations turques et l'appui indirect de ce pays à Daech", acronyme arabe de l'EI, a-t-il ajouté.

Il s'agit, selon l'OSDH, des premières frappes turques en Syrie depuis qu'Ankara a annoncé en mars avoir terminé sa campagne militaire "Bouclier de l'Euphrate" lancée en août dans ce pays voisin pour lutter contre l'EI et combattre les YPG.

La Turquie considère cette milice kurde syrienne comme un allié des séparatistes kurdes turcs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Elle affirme vouloir travailler avec ses alliés, mais sans les YPG, à la reconquête de Raqa.

Raid "inacceptable" en Irak

En Irak voisin, l'armée de l'air turque a ciblé des positions tenues par le PKK et ses alliés locaux mais au moins six membres des forces de sécurité kurdes irakiennes -rivales du PKK- ont été tués, dans ce qui semble être un accident. La frappe turque est "inacceptable", ont jugé les peshmergas. Le gouvernement irakien a dénoncé une "violation du droit international et de la souveraineté irakienne".

Elle a eu lieu dans la région de Sinjar (nord-ouest) où la minorité kurdophone yazidie avait été persécutée en 2014 par l'EI. L'ONG Fraternité en Irak a jugé ces frappes "extrêmement préoccupantes" car menées à proximité de camps de déplacés yazidis, une "population particulièrement vulnérable".

L'armée turque a dit que les raids en Syrie et en Irak visaient à "détruire des repaires des terroristes". Elle a affirmé avoir détruit des abris et stocks de munitions. Selon elle, 40 membres du PKK en Irak et 30 autres en Syrie ont été "neutralisés".

Douze morts à Idleb

Sur un autre front en Syrie, douze personnes ont été tuées mardi dans des frappes aériennes contre un village rebelle dans la province d'Idleb (nord-ouest), a indiqué l'OSDH.

Un premier raid, vraisemblablement russe, a visé le village de Douwaylé et "a causé la mort de douze personnes, dont au moins deux rebelles et cinq civils", a dit le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

"Puis une seconde escadrille a frappé près d'un dispensaire à Kafr Takharim, au moment où arrivait le convoi transportant les victimes du raid de Douwaylé", a-t-il précisé. "Cette frappe a mis hors service la clinique en raison des dommages causés aux structures et aux équipements".

La province d'Idleb, contrôlée depuis deux ans par des combattants rebelles et djihadistes, est régulièrement bombardée tant par les aviations syrienne et russe.

ATS

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