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Aux Paccots (FR), Philippe Genoud et Raoul Colliard font partie des dynasties d'armaillis qui ont participé déjà à trois éditions de la Fête des vignerons.

Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

Raoul Colliard, patron de la buvette de Saletta aux Paccots (FR), a vécu trois éditions de la Fête des vignerons. A un an de la prochaine, l'ancien maître armailli de 1999 raconte une manifestation inscrite dans l'ADN familial et les liens entre vigne et alpage.

A 76 ans, Raoul Colliard, connu jusqu'au Canada pour sa fondue, reçoit au pied de la Dent de Lys dans la buvette avec vue qu'il tient depuis 1985 au-dessus des Paccots. Les amateurs de fromage y sont accueillis avec bonhomie et faconde.

Après une enfance paysanne à Châtel-Saint-Denis et à l'alpage, le jeune homme fera ses humanités à l'Ecole de commerce de Lausanne. "Une rareté pour un paysan à l'époque, qui plus est un Dzodzet", sourit-il.

Par la suite, il endossera plusieurs casquettes, dont celle de directeur d'école de ski des Paccots, de tenancier et bien sûr d'armailli. Une vie au chalet qu'un pendentif en or symbolise sous le collier de barbe: "C'est une petite cuillère à macaroni offerte par mes filles. A l'alpage on avait un couteau suisse et une cuillère, c'est tout", se remémore-t-il.

Trois générations

"Ici, il ne se passe pas un jour sans qu'on parle de la Fête. J'ai été bercé par ses souvenirs tout au long de ma vie. Mon grand-père, Robert, qui fut une figure de la région et conseiller national, y a chanté le Ranz de vaches en 1927. En 55, il était maître armailli et moi, à 14 ans, je menais une vache. Mon père a pris le relais en 1977, alors que j'étais engagé comme cavalier d'honneur".

Raoul Colliard devient à son tour maître armailli en 1999. Il supervise le cortège, les écuries, la traite, la confection du fromage. "Les trois étaient toutes différentes, mais à chaque fois, c'était fantastique", lance-t-il, son regard bleu malicieux se perdant jusqu'au lac.

Des dynasties

Quant à la quatrième du 18 juillet au 11 août prochain, sollicité notamment par le directeur artistique Daniele Finzi Pasca, le septuagénaire réserve encore sa décision: "20 représentations, c'est beaucoup à mon âge", mais il donne déjà des coups de main.

"On m'a demandé des conseils pour la participation des 80 armaillis. J'ai été prendre les mesures pour leurs brezons (costumes) et pour ceux des onze chanteurs du Ranz des vaches".

"L'idée d'un ensemble de chanteurs, c'est bien. Avant 1889, la chanson emblématique était toujours chantée par un groupe d'armaillis qui mimaient la confection du fromage et la traite", souligne le fin connaisseur.

Supporter les chenailles

Les armaillis, ce sont des dynasties, raconte-t-il. Telle celle de son ami et voisin Philippe Genoud, qui a également vécu trois fêtes et dont le fils Roch reprend le flambeau. "Trois semaines en plein été, ce n'est pas la période idéale pour se libérer, explique ce dernier. Je participerai donc en binôme avec mon frère".

Roch Genoud espère que l'une ou l'autre de ses vaches sera choisie pour participer au spectacle qui comptera 40 bovins. "L'armailli est fier de son alpage. Il aime montrer le résultat de son travail", note M. Colliard.

Les qualités exigées? Elles doivent être dociles, représentatives de l'élevage actuel, supporter les chenailles (cloches) et le bouquet sur la tête.

"En 99, on a ouvert un peu plus aux dames. Une femme menait une vache. Une plus grande place leur sera faite lors de cette édition". Pendant longtemps, les femmes ne montaient pas à l'alpage. Aujourd'hui, elles participent très activement", se réjouit-il.

Liés depuis deux siècles

Quant aux liens entre la vigne et l'alpage, dans le temps, chaque vigneron était aussi un agriculteur. Il mettait ses deux, trois têtes de bétail en estivage dans les Préalpes fribourgeoises.

"En automne, nous les paysans, leur amenions le fumier pour les vignes, puis les plus costauds portaient les brantes en bois. Nos femmes étaient effeuilleuses au printemps, vendangeuses en automne. C'était la continuité de la saison d'alpage pour nous. Les vignerons passaient deux ou trois fois pendant l'été. Ils nous apportaient des cervelas que l'on attendait avec impatience".

Liées également par la Veveyse qui prend sa source non loin de la Buvette de Saletta, ces relations commerciales se sont transformées en amitié. Depuis 1819, les armaillis sont invités à la Fête. Cela fera 200 ans l'année prochaine, glisse Raoul Colliard.

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ATS