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Le port de Saint-Nazaire subit les conséquences d'une grève (symbolique).

KEYSTONE/EPA/FRANCK DUBRAY / OUEST FRANCE

(sda-ats)

Les préfectures de plusieurs départements de l'Ouest ont annoncé vendredi des mesures de rationnement des carburants. Le blocage de raffineries et dépôts pétroliers par des salariés opposés à la loi travail est à la base de ces décisions.

Faute de pouvoir s'approvisionner, de nombreuses stations-service sont à sec depuis jeudi dans plusieurs localités et ont dû fermer.

Les préfectures de l'Eure et de l'Orne en Normandie, d'Ille-et-Vilaine, des Côtes-d'Armor et du Finistère en Bretagne, de Loire-Atlantique et de Vendée dans les Pays de la Loire ont pris des mesures limitant temporairement le volume de carburant pouvant être acheté par chaque client.

D'autres, dans le Calvados, la Seine-Maritime ou la Sarthe, ont interdit la vente de carburant dans des bidons.

La plupart des préfectures insistaient toutefois sur l'absence d'un risque de pénurie à court terme, évoquant un "ralentissement" plutôt qu'une rupture des approvisionnements, dû au blocage des dépôts.

Eventuel recours aux forces de l'ordre

"En France, il y a un système qui est organisé, on appelle ça les stocks stratégiques. Nous ne l'avons pas utilisé pour l'instant, donc il n'y a pas de risque de pénurie à court terme", a expliqué Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux Transports. "Evidemment, si ça durait des semaines, la question se poserait."

La question d'un recours aux forces de l'ordre pour débloquer des dépôts de carburant pourrait "naturellement" se poser en cas de "difficulté majeure" mettant en cause le fonctionnement de l'économie française, a-t-il aussi dit.

Il a admis que 20% des stations autour du Havre et de Rouen étaient fermées.

Par ailleurs, ses services ont annoncé dans l'après-midi que des arrêtés avaient été pris pour autoriser la circulation des camions ce week-end, afin de réapprovisionner les stations-service. Encore faut-il que ces camions puissent faire sortir du carburant des raffineries et des dépôts.

Appel à la grève

"L'objectif est l'arrêt de toutes les raffineries en France. C'est un appel à la grève illimitée", a déclaré le délégué central CGT de Total Raffinage Pétrochimie, Thierry Defresne. "Le but n'est pas de créer la pénurie, c'est d'obtenir le retrait de la loi (travail)", a-t-il ajouté.

Il a précisé que les salariés de la raffinerie Total de Normandie, à Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime) Normandie avaient voté à 56% l'arrêt complet des installations. Ceux de la raffinerie Total de Grandpuits, en Seine-et-Marne, ont voté la reconduction de la grève pour 72h00, a-t-il ajouté.

La raffinerie Total de Donges, près de Nantes, a suivi le mouvement en reconduisant l'arrêt des expéditions pour une semaine supplémentaire, jusqu'au vendredi 27 mai.

Thierry Defresne a ajouté que les expéditions à partir du site de stockage des Flandres, à Dunkerque, sous contrat avec la Sagess, organisme de gestion des stocks stratégiques, sont bloquées depuis jeudi matin.

Restrictions

Selon le secrétaire fédéral de la branche pétrole de la CGT, Emmanuel Lépine, "plus rien ne sort" du site de stockage pétrolier de la CIM, au Havre, un des principaux points d'entrée du pétrole brut et des carburants importés en France.

"Les salariés ont décidé d'entrer en grève illimitée. C'est important parce que c'est un site qui alimente à la fois Grandpuits et l'aéroport de Roissy", a-t-il dit.

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ATS