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Plus de 900 enquêteurs ont fouillé dans la nuit de mercredi à jeudi le plus grand établissement de prostitution de Berlin. Six personnes ont été arrêtées et une centaine de prostituées ont été interrogées. L'affaire mêle proxénétisme, motards et fraude fiscale.

"Les plus férus d'histoire diraient que nous suivons la même voie que pour l'arrestation d'Al Capone. C'est le cas", a annoncé jeudi à la presse le procureur général de Berlin, Andreas Behm, insistant sur l'ampleur de l'enquête. Selon le patron des douanes locales, Michael Kulus, les sommes dissimulées aux autorités, entre fraude fiscale et cotisations sociales impayées, avoisinent les "17,5 millions d'euros" (19 millions de francs).

Ces sommes devraient être partiellement couvertes par l'argent liquide, les voitures et les biens immobiliers saisis lors d'une douzaine de perquisitions à Berlin et dans le sud du pays, pour une valeur totale de 6,4 millions d'euros (7 millions de francs).

"Travail de Sisyphe"

Interpellés dans la nuit, les deux dirigeants du sauna et quatre femmes chargées de la gestion quotidienne se voient reprocher "le délit classique de prostitution organisée", passible de cinq ans de prison, selon le parquet.

Les enquêteurs, qui ont interrogé dans la nuit 96 prostituées, doivent désormais exploiter la masse de documents et données numériques saisis, un "travail de Sisyphe" qui devrait prendre longtemps avant d'envisager la tenue d'un procès, d'après le parquet.

Coulisses peu reluisantes

Le sauna Artemis, bloc de béton sur trois étages en bordure d'autoroute dans l'ouest de Berlin, est une maison close comme il en existe dans toute l'Allemagne depuis la légalisation du métier de prostituée en 2002. Mais alors que les prostituées d'Artemis sont présentées par la direction comme des travailleuses "indépendantes", l'une d'elles s'est confiée en 2015 à la police après avoir été frappée par son compagnon, membre du gang des Hell's Angels.

Les enquêteurs ont découvert un système organisé où les Hell's Angels fournissent et contrôlent des filles venues surtout d'Europe de l'Est et des pays arabes et gagnent, en contrepartie, leurs entrées chez Artemis.

Une fois intégrées au sauna, les prostituées se voient imposer leurs tarifs et pratiques sexuelles, selon le parquet. Ce fonctionnement est très éloigné de leur indépendance théorique, qui consiste à payer à la direction le droit d'utiliser les locaux comme bon leur semble.

ATS