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Au moins 140 personnes ont été tuées depuis août dans le centre de la République démocratique du Congo lors d'affrontements entre les forces de sécurité et les partisans d'un chef traditionnel tué en août (archives).

KEYSTONE/AP/JOHN BOMPENGO

(sda-ats)

Au moins 140 personnes ont été tuées depuis août dans le centre de la République démocratique du Congo. Des affrontements entre les forces de sécurité et les partisans d'un chef traditionnel tué en août sont à l'origine de ces pertes humaines.

"Les violences d'août ont entraîné la mort de plus de 100 personnes parmi les civils, les hommes de la milice et les forces de sécurité(...); en septembre, de nouvelles violences (ont entraîné) la mort de près de 40 personnes", selon le communiqué du Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) diffusé samedi.

"Des dizaines de milliers de civils innocents vivant dans les provinces du Kasaï, du Kasaï Central et du Kasaï Oriental (trois provinces voisines du centre de la RDC, ndlr) sont affectés par une spirale de violence depuis août", rapporte Ocha. Le Bureau souligne que ces violences sont pour l'heure "hors radars", et invite les autorités congolaises à "s'attaquer aux racines de cette crise".

Appel à l'insurrection

Médecin âgé d'une trentaine d'années, le chef traditionnel Kamwina Nsapu a été tué dans une opération de police le 12 août 2016. Il était rentré en République démocratique du Congo (RDC) en avril 2016 après un séjour en Afrique du Sud, et avait peu après lancé des appels à l'insurrection et à la "libération du Congo", dans un appel audio qui circule toujours sur les réseaux sociaux.

Mercredi matin, des partisans de M. Nsapu ont investi pendant plusieurs heures Tshimbulu, ville agricole et administrative de plus de 150'000 habitants, située dans le territoire de Dibaya, à 120 km au sud de Kananga, capitale du Kasaï central (centre).

Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont repris le contrôle de la ville mercredi soir. Jusqu'à jeudi, des tirs à l'arme lourde ont été entendus dans les alentours de Tshimbulu, selon des témoins.

"Inciviques" visés

"Le premier jour (mercredi, ndlr), un policier et un milicien ont été tués et enterrés puis deux enfants, dont un bébé, ont été tués par des balles perdues dans leur maison; nous les avons enterrés vendredi", a rapporté samedi à l'AFP un responsable de la Croix-rouge de Tshimbulu.

"Au total, nous avons assisté à l'enterrement de quatre corps, mais nous n'avons pas eu accès à d'éventuels morts pris en charge directement par l'armée", a expliqué de son côté Albert Mamba, responsable d'une ONG qui assiste les familles.

Selon le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, les FARDC mènent des opérations militaires dans cette zone depuis plusieurs jours "contre des inciviques, qui se réclament du chef coutumier Kamwina Nsapu".

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ATS