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Le gouvernement congolais veut garder la main et refuse une enquête indépendante de l'ONU sur les nombreux soupçons d'exactions (archives).

KEYSTONE/AP/JEROME DELAY

(sda-ats)

L'ONU ne lancera pas de mission d'enquête internationale sur les violences au Kasaï, en République démocratique du Congo (RDC). Un projet de résolution au Conseil des droits de l'homme à Genève a été retiré jeudi au profit d'un dispositif moins formel.

Ce nouveau document, qui doit être débattu vendredi, prévoit l'envoi d'une équipe d'experts pour l'établissement des faits. Ils partageront leurs conclusions avec les autorités judiciaires congolaises, mais ne constitueront pas formellement une mission d'enquête nommée par le Conseil, scénario qui n'aurait pas été accepté par l'Union africaine (UA).

Le Haut Commissaire aux droits de l'homme désignera les experts et devra présenter un rapport dans un an devant le Conseil. Après la session de mars, Zeid Raad al-Hussein a de nouveau appelé jeudi à une mission d'investigations internationales indépendantes en RDC, en vain.

Le gouvernement congolais souhaite conserver la direction de la procédure. Il avait menacé lundi de ne pas accorder l'accès à son territoire aux membres d'une telle structure - prévue pour un an - s'ils ne coopèrent pas avec la justice congolaise.

Accusations d'attaques ethniques

M. Zeid avait déployé la semaine dernière une équipe de son bureau pour entendre les réfugiés de la province du Kasaï dans les pays proches de la RDC. Après les conclusions de cette équipe, il avait accusé mardi les autorités congolaises d'avoir armé une milice à l'origine d'attaques ethniques "horribles" dans le Kasaï.

Des centaines de civils des communautés Luba et Lulua auraient été tués, brûlés vifs ou mutilés. Selon l'Eglise catholique congolaise, près de 3500 personnes ont été tuées au Kasaï dans les violences depuis septembre dernier entre l'armée et les soutiens armés d'un responsable local. Plus de 1,3 million de personnes ont été déplacées et 30'000 sont réfugiées, dit l'ONU.

Ethiopie pas ciblée

Autre région d'Afrique et autre question sur laquelle le Conseil n'a pu trouver de compromis jeudi: aucune condamnation des abus des droits humains en Ethiopie n'a pour le moment été adoptée. Un projet de résolution défendu par l'Erythrée voisine, qui appelait le gouvernement à mettre fin à l'état d'urgence, a été retiré et sera examiné plus tard.

Ce projet demandait aussi l'abrogation de la loi antiterroriste, utilisée pour restreindre les libertés fondamentales. Il enjoignait aussi le gouvernement éthiopien d'accorder un accès à une mission du Haut Commissariat.

En revanche, le Conseil a lancé jeudi un nouveau mandat de rapporteur spécial sur les discriminations contre les lépreux et leurs proches. Il a décidé de prolonger pour trois ans ceux sur le trafic des êtres humains, les exécutions arbitraires, l'extrême pauvreté, le droit à l'éducation, l'indépendance de la justice et les droits des personnes handicapées.

L'instance onusienne a aussi prolongé ceux du Groupe de travail sur les droits de l'homme et les multinationales, ou encore de l'expert indépendant sur la solidarité internationale. Dans une résolution soutenue par la Suisse, elle a également prévu plusieurs discussions en 2018 à Genève, dont une à l'occasion des 20 ans des principes directeurs sur les déplacés internes.

ATS