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L'année dernière, le principal pays de provenance des requérants d'asile était l'Érythrée, avec 5178 demandes - soit 4788 de moins que durant l'exercice précédent. Viennent ensuite l'Afghanistan (3229), la Syrie (2144), la Somalie (1581), le Sri Lanka (1373) et l'Irak (1312) (image symbolique).

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

(sda-ats)

La Suisse a reçu 27'207 demandes d'asile l'année dernière, un chiffre en baisse de 31%. En 2017, le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) prévoit environ 24'500 nouvelles demandes.

La diminution du nombre de requêtes par rapport à 2015 est liée à la fermeture partielle des frontières sur la route migratoire des Balkans en mars dernier, explique lundi le SEM dans un communiqué. Pour le seul mois de décembre 2016, les demandes ont "considérablement diminué" (-64%) par rapport à décembre 2015.

L'année dernière, le principal pays de provenance des requérants d'asile était l'Érythrée, avec 5178 demandes (4788 de moins que durant l'exercice précédent). Viennent ensuite l'Afghanistan (3229), la Syrie (2144), la Somalie (1581), le Sri Lanka (1373) et l'Irak (1312).

Le nombre de requêtes émanant de ressortissants de certains pays d'Afrique de l'Ouest a augmenté: le Nigéria avec 1106 demandes (+14%), la Gambie avec 1054 demandes (+9%), la Guinée (900 demandes, +228%) et la Côte d'Ivoire (374 demandes, +269%). Une hausse a aussi été enregistrée de la part des requérants en provenance d'Algérie (+71%) et du Maroc (+96%).

Taux d'octroi en baisse

Au total, le SEM a traité 31'299 demandes d'asile en première instance (3181 de plus qu'en 2015). L'asile a été accordé à 5985 personnes, ce qui correspond à un taux de reconnaissance (octroi) de 22,7%, plus faible que l'année précédente (25,1%).

Quant au taux de protection, qui inclut l'asile et les admissions provisoires suite à des décisions prises en première instance, il s'affiche également en baisse: 48,7% contre 53,1% en 2015. Quelque 27'711 requêtes sont toujours pendantes en première instance.

Comparaison européenne

Dans toute l'Union européenne, environ 1,3 million de demandes d'asile ont été enregistrées en 2016. Rapportée à l'UE, la part de celles déposées en Suisse a baissé, passant de 2,9% en 2015 à 2% l'année dernière.

Avec une proportion de 3,4 demandes pour 1000 habitants (4,9 en 2015), la Suisse se situe toujours au-dessus de la moyenne européenne qui s'établit à 2,5. L'Allemagne a reçu 9,8 requêtes pour 1000 habitants, la Grèce 5,1, l'Autriche 5, Malte 4,5, le Luxembourg 3,6 et la Hongrie 3,2.

Coopération avec le HCR et l'UE

Dans le cadre du programme de réinstallation du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), lancé en août 2015, 968 Syriens ont été accueillis en Suisse, dont 621 l'année dernière; 26 autres doivent arriver au cours du mois de janvier, après quoi le contingent fixé par le gouvernement sera épuisé.

"C'est pourquoi le Conseil fédéral a décidé, le 9 décembre 2016, de poursuivre son engagement en faveur des victimes du conflit syrien", écrit le SEM. La Confédération accueillera ces deux prochaines années un contingent supplémentaire de 2000 personnes particulièrement vulnérables.

Berne participe aussi au premier programme européen de répartition (relocalisation) de 40'000 personnes. L'année dernière, 368 d'entre elles ont été relocalisées en Suisse (340 en provenance d'Italie et 28 en provenance de Grèce).

Prévisions pour 2017

"Selon le scénario le plus probable, le SEM table sur 24'500 demandes d'asile (+/- 2500) en 2017", écrit-il, mais leur nombre pourrait toutefois monter jusqu'à 32'000. Les principaux facteurs restent le volume et la composition des flux migratoires qui passent par la Méditerranée centrale, mais aussi le maintien ou non de l'accord conclu entre l'Union européenne et la Turquie.

"La fin de cet accord aurait des répercussions difficiles à prévoir sur le nombre des demandes d'asile en Suisse", souligne le Secrétariat d'Etat aux migrations.

ATS

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