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Le procès de l'ancien dictateur guatémaltèque Efrain Rios Montt, qui devait s'ouvrir lundi, a été reporté, a-t-on appris de source judiciaire. La défense a obtenu la récusation de la présidente du tribunal.

L'ancien général, 88 ans, devait comparaître pour le génocide de 1771 Indiens mayas lors de ses années au pouvoir de 1982 à 1983, durant la guerre civile. Il avait été condamné à 80 ans de prison pour génocide et crimes contre l'humanité le 10 mai 2013, mais le procès avait été invalidé peu après pour des raisons de procédure.

La juge Jeannette Valdez a expliqué que les avocats de la défense ont obtenu qu'elle soit récusée, pour avoir émis un avis sur le génocide dans un mémoire de maîtrise écrit en 2004. La justice devra désigner un nouveau tribunal dans les prochains jours, puis fixer une date pour le début d'un nouveau procès.

Les parties civiles y voient une manoeuvre de la défense destinée à empêcher la tenue du procès. Plus tôt, la juge Valdez avait ordonné à Efrain Rios Montt d'assister aux débats, après avoir rejeté la demande de ses avocats d'en être dispensé pour raisons de santé.

L'ancien général a été transporté au tribunal en ambulance et est entré dans la salle d'audiences sur un brancard, le visage couvert. Il s'est retiré après l'annonce du report tandis que des manifestants criaient "Génocide" et "Nous voulons la justice".

Preuves et témoignages

"Le retard (du procès) et la dénégation de la justice signifient l'impunité", a estimé l'avocat Francisco Vivar, du Centre pour l'action légale en droits de l'Homme (Caldh). Le directeur de l'organisation, Juan Francisco Soto, avait indiqué qu'il présenterait lors du procès plus de 800 preuves et le témoignage de 120 survivants et proches des victimes.

Devait également être jugé à partir de lundi l'ancien chef du renseignement militaire José Mauricio Rodríguez, acquitté lors du premier procès. Ce dernier s'était déclaré "content de ce nouveau débat". "Je veux sortir de cette humiliation, de ce cirque monté par les ONG qui vivent du conflit et de la pression internationale", a dit l'ancien militaire, arrivé au tribunal en chaise roulante.

Les massacres de 1771 Indiens mayas de l'ethnie des Ixiles ont été commis durant la période la plus aiguë de la guerre civile de 36 ans qui a fait 200'000 morts et disparus au Guatemala, selon les Nations unies. Sous le régime de Rios Montt, l'armée avait appliqué une politique de "terre brûlée" contre les peuples autochtones, soupçonnés de soutenir la guérilla de gauche.

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ATS