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Retour aux racines au Carnaval de Rio

Le Carnaval de Rio bat son plein. KEYSTONE/EPA EFE/ANTONIO LACERDA sda-ats
Ce contenu a été publié le 05 mars 2019 - 12:03
(Keystone-ATS)

La deuxième et dernière nuit du carnaval de Rio, s'est achevée mardi à l'aube. Elle a livré une féérie mêlée de contestation politique et d'une volonté de retour aux racines du Brésil.

Les sept dernières écoles de samba ont défilé toute la nuit jusqu'au lever du jour, 24 heures après les sept premières concurrentes. La meilleure recevra mercredi le titre très convoité de championne 2019.

Chars géants somptueux, déguisements extravagants, maquillages outranciers, danseuses sculpturales coiffées de plumes chamarrées et batteries assourdissantes: le spectacle s'est déroulé sous les yeux de quelque 72'000 spectateurs s'époumonant, debout dans les gradins.

Icône de la samba

L'école de Portela a exprimé un désir de retour aux racines en célébrant la "brésilianité" de Clara Nunes. Cette icône de la samba des années 70 est la première artiste à avoir défendu les cultes afro-brésiliens.

Dans le défilé de l'école aux 22 titres, un record, les participants ont pu discerner les iconiques marinières du couturier français Jean-Paul Gaultier. Le Français a dessiné des costumes, mais aussi des coiffes indigènes et des personnages traditionnels des carnavals des années 20.

L'école de Sao Clemente avait ouvert le feu elle aussi sur le mode nostalgique de la "saudade" quand ses 3 à 4000 danseurs se sont engagés sur l'avenue de 700 mètres du sambodrome. Avec un fronton clinquant annonçant "Hollywood", son premier char allégorique ironisait sur un carnaval populaire devenu une machine à faire de l'argent.

Un Michael Jackson et une Madonna anachroniques incarnaient sur la piste le dévoiement d'un carnaval traditionnel. Celui-ci aurait oublié son ADN, la samba, quand il a quitté les rues pour se "ranger" au sambodrome, en 1984.

Identité brésilienne

Très attendue, l'école de samba de Mangueira a embrasé en fin de nuit le sambodrome avec un défilé autour de l'identité brésilienne. Elle a rendu hommage aux héros populaires noirs et indiens ignorés des manuels scolaires.

La vénérable école 19 fois championne a également honoré Marielle Franco, conseillère municipale noire de Rio, assassinée il y a près d'un an. Etre ici "c'est résister et demander justice", a déclaré à l'AFP sa veuve Monica Benicio alors que les assassins de Marielle courent toujours.

Ce carnaval, qui a aussi fustigé la vague ultra-conservatrice au Brésil, "est l'un des plus politiques de ces derniers temps", a dit à l'AFP Raja Harlota, danseur de Sao Clemente.

Résistance des écoles

Dès la première nuit, les écoles de samba avaient chorégraphié et chanté bien des messages contestataires, contre le "cirque" de Brasilia, siège du pouvoir. Des messages qui ont pris une teinte particulière deux mois après l'entrée en fonction d'un président d'extrême droite, Jair Bolsonaro.

Ce carnaval confirme aussi la résistance des écoles de samba. Celles-ci ont vu les subventions de la ville diminuer de moitié depuis l'arrivée en 2017 du maire Marcelo Crivella, ancien pasteur évangélique.

L'édile goûte assez peu la débauche sensuelle de cette fête. Celle-ci attire pourtant 1,5 million de touristes et apporte des recettes importantes à Rio.

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