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Robots tueurs: réglementation prématurée (diplomate)

Ce contenu a été publié le 16 mai 2014 - 20:22
(Keystone-ATS)

Il est encore très prématuré de vouloir réglementer l'utilisation des robots tueurs, a affirmé vendredi le président de la réunion d'experts convoquée cette semaine à Genève. Des discussions approfondies n'ont pas débouché à ce stade sur un mandat de négociation.

"Les discussions ont été très utiles sur tous les aspects des systèmes d'armes pleinement autonomes", a affirmé à la presse le président de la réunion, l'ambassadeur de France Jean-Hugues Simon-Michel. Ce dernier a souligné le "grand intérêt" des participants pour ce nouveau sujet.

Dans le cadre de la Convention de l'ONU sur les armes dites inhumaines, les représentants des gouvernements, dont la Suisse, ont discuté pendant quatre jours pour la première fois des implications des "robots tueurs". La conférence des Etats parties à la Convention, en novembre, décidera du suivi.

L'ambassadeur français n'a pas caché qu'il faudra beaucoup plus de temps pour évaluer toutes les conséquences de ces nouveaux systèmes d'armes automatisés. Il a souligné que la technologie des robots est à la fois civile et militaire et que, pour tous les Etats, il n'est pas question de restreindre son développement sur le plan civil.

Savoir de quoi on parle

Pour l'heure, il s'agit d'abord de savoir de quoi on parle. La question d'une interdiction ou d'une réglementation est "complètement prématurée", a dit M. Simon-Michel.

Certains pays ont estimé qu'il y a des problèmes de compatibilité entre des armes qui décideraient de tuer de manière autonome et l'éthique, d'autres pas. Tous les participants ont affirmé que le droit international humanitaire (DIH) doit s'appliquer.

Des "opinions variées" ont été émises quant à la compatibilité des "robots tueurs" avec le DIH. Au début de la réunion, le CICR a exprimé des doutes quant au fait de savoir si une arme autonome peut distinguer entre un civil et un combattant et évaluer la proportionnalité d'une attaque.

Menace pour la paix

Des délégations se sont inquiétées par ailleurs du fait que la mise au point de systèmes d'armes complètement automatiques augmenterait le risque du recours à la force. "Sans verrou humain", elle pourrait avoir un impact négatif sur la paix et la sécurité mondiale, a indiqué le président de la réunion.

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