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Les informations faisant état de renforts militaires dans l'Etat Rakhine avaient entraîné des critiques du rapporteur spécial de l'ONU Yanghee Lee, qui les avaient qualifiés de "cause d'inquiétude majeure".

KEYSTONE/AP/ESTHER HTUSAN

(sda-ats)

La Birmanie a dépêché des centaines de soldats dans le nord de l'Etat Rakhine, où vivent près d'un million de Rohingyas, ont indiqué samedi des responsables de l'armée. Une mesure qui confirme des inquiétudes exprimées vendredi par l'ONU.

"De nombreux bataillons avec des centaines de soldats ont été envoyés du centre de la Birmanie vers la région montagneuse de Mayu", a déclaré un officier sous couvert de l'anonymat.

Selon d'autres responsables, le gouvernement a décidé d'envoyer de nouvelles troupes après une vague de meurtres dans l'Etat Rakhine. Ce dernier est la cible d'une sanglante répression militaire qui a déjà engendré le déplacement de plus de 92'000 membres de la minorité musulmane des Rohingyas, dont plus de 70'000 vers le Bangladesh voisin.

Site d'entraînement

Un responsable des gardes-frontières a précisé que la zone concernée serait un site d'entraînement pour une bande de militants musulmans, accusés par le gouvernement d'avoir tué ou enlevé des dizaines de villageois soupçonnés de collaborer avec l'Etat central.

"Des militants musulmans s'entraînent dans la forêt (...) Ils tuent ceux qui coopèrent avec les autorités", a-t-il expliqué.

Selon les médias d'Etat, le gouvernement a également imposé de nouveaux couvre-feux instaurés "dans des zones où cela s'avère nécessaire", parallèlement à un renforcement des "opérations de nettoyage" par les forces armées.

Craintes de répression

Un villageois Rohingya a confié ses craintes d'une répétition de la répression de l'an dernier: "Certains habitants n'osent plus sortir de chez eux", a déploré Hasumyar, qui a seulement donné son prénom et vit dans un village placé sous couvre-feu.

Depuis octobre, lorsque des militants ont attaqué des postes de police, l'Etat Rakhine est le théâtre de violences et d'une répression militaire que l'ONU considère comme proche d'un nettoyage ethnique de la minorité musulmane. Des membres de cette dernière ont fait état de viols systématiques et meurtres commis par des soldats birmans.

L'essentiel de la campagne militaire a pris fin il y a plusieurs mois, mais la région est encore sous l'emprise de la peur face des regains épisodiques de violences.

ONU inquiète

Vendredi, des informations faisant état de renforts militaires dans l'Etat Rakhine avaient entraîné des critiques du rapporteur spécial de l'ONU Yanghee Lee, qui les avaient qualifiés de "cause d'inquiétude majeure".

La campagne militaire de Rangoun a abouti, selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, à un "nettoyage ethnique" et "très probablement" à des crimes contre l'humanité.

Le gouvernement birman, au premier rang duquel figure l'ex-opposante Aung San Suu Kyi, rejette les accusations de l'ONU et sa proposition d'envoi d'une mission d'enquête onusienne sur les exactions contre les Rohingyas.

ATS