Rolf Erb est décédé de causes naturelles

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Rolf Erb avait été retrouvé mort dans le château familial du Mont-Eugène à Salenstein (TG) (archives).

KEYSTONE/ENNIO LEANZA

(sda-ats)

Rolf Erb est décédé de causes naturelles. L'autopsie a révélé un problème cardiaque. Le dernier directeur général du groupe zurichois Erb avait été trouvé mort dans le château familial du Mont-Eugène à Salenstein (TG) le 8 avril. Il avait 65 ans.

Rien n'indique un suicide, constate le Ministère public thurgovien vendredi dans un communiqué. Dans un premier temps, cette hypothèse avait été évoquée.

Lourdement endetté, le conglomérat Erb a mis la clef sous la porte en 2003, laissant un trou de plus de 2 milliards de francs auprès de 82 banques. Il s'agit de la 2e plus grande faillite de l'histoire économique de la Suisse, après celle du groupe Swissair.

Risque de suicide invoqué

Reconnu coupable en janvier 2014 d'escroquerie par métier, de faux dans les titres et de diminution de l'actif au préjudice des créanciers, Rolf Erb a été condamné à une peine d'emprisonnement de sept ans. Fin mars, le Tribunal fédéral (TF) a rejeté un recours de l'héritier déchu, qui invoquait un risque de suicide pour échapper à l'exécution de sa peine.

Rolf Erb a toujours nié les faits qui lui sont reprochés. Il a systématiquement rejeté la culpabilité sur son père, décédé, arguant que c'est lui qui avait tenu les rênes du groupe.

Le Tribunal fédéral avait également confirmé une décision de l'Office des faillites enjoignant la famille Erb de quitter le château du Mont-Eugène. Dans un premier temps, la date du 1er mai avait été fixée pour que la famille libère les lieux.

Une prolongation jusqu'à fin août leur a été accordée afin que les enfants puissent terminer leur année scolaire, a annoncé vendredi la chancellerie du canton de Thurgovie. La décision en leur faveur avait été prise avant la mort de Rolf Erb.

L'accord entre l'Office des faillites et la famille a aussi pour but d'éclaircir certains points concernant différents biens, qui seront mis à disposition des créanciers. Il s'agit notamment de biens d'une valeur de plusieurs millions de francs actuellement au Liechtenstein qui seront placés dans la masse en faillite.

Parc de 80 hectares

Il a aussi été convenu que l'inventaire complet du château sera mis à disposition. Sa valeur pourra ainsi être évaluée, ainsi que celle du château proprement dit, construit par le beau-fils de Napoléon. Ce joyau du patrimoine architectural thurgovien, qui dispose d'un parc de 80 hectares, intéresse de nombreux acheteurs potentiels, a souligné la chancellerie.

Plusieurs personnes ont aussi fait connaître leur intérêt à racheter la villa Wolfensberg, à Winterthour (ZH). Des négociations sont déjà bien avancées concernant la vente de la société immobilière Schlosshof Immobilien AG qui est propriétaire de nombreux immeubles locatifs.

Voitures de collection

Le 21 mai, douze voitures de collection appartenant à la famille Erb seront par ailleurs vendues aux enchères lors de la manifestation automobile "Spa-Classic" sur le circuit de Spa-Francorchamps. Parmi les douze véhicules mis en vente figurent une Aston Martin V8, deux Rolls Royce, une Lamborghini, une Ford Mustang, des Maserati, des Mercedes Benz et des Jaguar.

Le groupe automobile Erb a été fondé en 1920 avec la création d'un atelier de réparation à Töss (ZH), près de Winterthour. Au moment de la faillite, le conglomérat regroupait dans ses quatre holdings pas moins de 82 sociétés et employait 4900 salariés, dont 2900 en Suisse.

Comptes embellis

Le groupe réalisait un chiffre d'affaires de 4,5 milliards de francs. Il importait notamment les marques japonaises Suzuki et Mitsubishi, ainsi que la coréenne Hyundai.

Le groupe a rencontré de premières difficultés financières dans les années 1990. Les dirigeants ont alors commencé à embellir les comptes afin de cacher le surendettement et d'obtenir de nouveaux crédits.

ATS

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