Avec Fanny Smith et Sixtine Cousin, Romain Détraz est le porte-étendard du skicross romand. La progression du Vaudois de 25 ans se poursuit.

Sociétaire du ski-club de Gryon, Romain Détraz (25 ans) compte deux podiums cette saison. Il espère bien démontrer l'excellence de sa forme dimanche à Veysonnaz, théâtre de la finale de la Coupe du monde.

En 2019, le jeune homme est monté à deux reprises sur le podium en Coupe du monde: 3e à Idre Fjäll en Suède au mois de janvier et 2e à Feldberg en Allemagne en février. Depuis sa victoire surprise à Arosa fin 2016, il n'avait plus regoûté à la joie de monter sur la boîte.

De l'alpin au cross

La trajectoire de Romain Détraz ressemble à celle de nombreux skicrosseurs. Des débuts en ski alpin, puis une envie de voir autre chose. "J'avais 14 ou 15 ans, se souvient-il. Le ski alpin commençait à m'ennuyer un peu avec ces piquets à passer. Un pote m'a proposé d'aller un week-end en France pour une compétition open parce qu'on n'avait pas de course. On a participé et j'ai chopé le virus. Il y avait un côté fun et un état d'esprit totalement différent. Mais comme il n'y avait pas de vraie structure au sein de Swiss-Ski à l'époque, il a fallu se débrouiller en comptant beaucoup sur nos parents."

Détraz persévère dans cette voie, remporte sa première course de Coupe du monde dans les Grisons et s'imagine représenter la Suisse aux JO de Pyeongchang. Mais il n'est que réserviste et ne participe pas au raout sud-coréen. "Il a fallu se relever après cette déception et se remettre au travail", dit-il avec philosophie.

A côté du skicross, Romain Détraz poursuit des études universitaires. Une façon de ne pas se retrouver sans rien lorsque sa carrière sera terminée. Mais après avoir tenté des études à l’EPFL en sciences de la vie, il n'a pu poursuivre dans cette voie en raison de l'impossibilité d'adapter ses horaires aux travaux demandés par l'institution lausannoise.

"J'en ai parlé avec les professeurs, mais c'était impossible de manquer les laboratoires toutes les deux semaines, explique-t-il. J'ai donc décidé d'arrêter et de tenter le cursus économie et management proposé par Unidistance. Ça se fait sur quatre ans et demi (neuf semestres) et c'est un rythme qui me convient bien, il faut simplement être structuré." Parmi les sportifs d'élite qui ont choisi ce programme, on retrouve par exemple le slalomeur Ramon Zenhäusern.

Seul Welsche à bord

Au sein de l'équipe de skicross masculine, Romain Détraz est l'unique représentant welsche. Un statut qu'il a appris à cultiver. Pour s'intégrer, pas d’autre choix que de parler l'allemand et de comprendre le suisse-allemand, surtout que les coaches viennent tous d'outre-Sarine.

"Tu n'as pas vraiment le choix, glisse-t-il en souriant. Mais l'entraîneur en chef Ralph Pfäffli parle très bien le français et c'est plus simple lorsqu'on a envie de parler d'un souci plus précis. Ceci dit, je m'entends bien avec tout le monde. Les Français aussi ont un groupe très sympa."

Bien bâti physiquement, Romain Détraz trouve dans le skicross un sport complet qui demande un travail de tout le corps: "Il faut de l'explosivité dans les bras au départ, de l'agilité dans les virages et les sauts et de la force dans les jambes lors des passages dans les courbes négatives. Sans oublier que tu n'es pas seul sur la piste..."

Qualifié pour la première fois lors de toutes les épreuves de la Coupe du monde cette saison, 15e du classement général, le Vaudois espère franchir un palier l'année prochaine. "Je vise une entrée dans le top 10", clame-t-il avec détermination.

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