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Roman Bürki est encore très marqué par les explosions qui ont visé le bus des joueurs de Dortmund mardi passé, avant le match de Ligue des champions contre Monaco.

"Je peine toujours à dormir. Je dois m'estimer très heureux d'être encore en vie", dit le gardien suisse de Dortmund dans une interview à la "SonntagsZeitung".

"Inconsciemment, je tremble encore et j'ai peur. Je me réveille souvent la nuit", relève Bürki. Et de s'interroger: "Pourquoi cela est-il arrivé? Pourquoi s'en prendre à des footballeurs? Nous avons toujours pris nos distances par rapport à la politique. S'attaquer à nous est complètement absurde."

Le gardien ne comprend pas pourquoi l'UEFA a persisté à vouloir faire jouer ce quart de finale (victoire 3-2 de Monaco en Allemagne) moins de 24 heures après les explosions. "Si nous avions pu décider, nous les joueurs, aucun d'entre nous n'aurait choisi de jouer."

Bürki affirme avoir été perturbé pendant le match. Il a perçu tous les événements avec un temps de retard. "C'est comme si j'avais eu un voile devant les yeux." Après le match, toute l'équipe avait les larmes aux yeux, a-t-il encore relevé.

A l'instar de son entraîneur Thomas Tuchel, Roman Bürki soupçonne les instances d'avoir fait pression pour organiser la rencontre dès le lendemain de l'attentat. "J'ai senti que pour l'UEFA, seul l'argent comptait, pas l'aspect humain. Quand j'entends dire qu'un porte-parole de l'UEFA ou de la FIFA aurait déclaré que le match n'aurait pas eu lieu s'il y avait eu un mort... cela témoigne d'une énorme insolence! Faut-il toujours que survienne le pire avant qu'on agisse?"

Pour le portier helvétique, le fait de maintenir le match en dépit de l'attentat ne constitue nullement une manière de dire aux terroristes que la vie continue. "Il ne s'agit en aucun cas d'un signal. Cela revient tout simplement à ignorer ce qu'il s'est passé."

L'attaque à la bombe, survenue mardi alors que le bus de Dortmund se rendait au stade, avait blessé le joueur espagnol du club allemand Marc Bartra. Celui-ci a eu le radius fracturé et a été touché par plusieurs éclats de verre. Il sera indisponible pendant un mois.

L'attaque n'a pas encore été élucidée. L'hypothèse d'un acte islamiste a d'abord été évoquée, puis une autre menant à l'extrême gauche. Aux dernières nouvelles dimanche, les enquêteurs avaient reçu une revendication de milieux d'extrême droite.

ATS

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