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L'Union européenne est la cible du vice-président du Conseil italien Luigi Di Maio (archives).

KEYSTONE/AP/ANDREW MEDICHINI

(sda-ats)

L'Italie a confirmé vendredi sa volonté d'engager un bras de fer avec l'Union européenne sur la question de la répartition des migrants, dont 150 sont toujours bloqués en Sicile. Le pays menace de réduire sa contribution au budget européen.

"Ligne dure", ultimatum, Rome a fait savoir vendredi par la voix des deux poids lourds de la majorité gouvernementale, Luigi di Maio, leader du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) et Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême-droite), que le temps de l'"humiliation" était révolue.

"Si l'UE s'obstine dans ce comportement, si demain (vendredi) la réunion de la Commission ne décide rien, il n'en sort rien sur le navire Diciotti et sur la redistribution des migrants, alors moi et tout le M5S nous ne serons plus disposés à donner 20 milliards d'euros à l'Union européenne chaque année", a-t-il dit jeudi. M. Di Maio a confirmé vendredi son intention de réduire la contribution de l'Italie au budget de l'UE.

"L'Italie est obligée de prendre acte que l'Europe a perdu aujourd'hui une bonne occasion" de montrer son attachement aux "principes de solidarité et responsabilité" qu'elle cite toujours comme étant des "valeurs fondamentales", a déploré vendredi sur Facebook Giuseppe Conte. Le chef du gouvernement faisait référence à une réunion, au niveau des haut-fonctionnaires, sur l'immigration, qui a pris fin vendredi à Bruxelles sans accord.

Sans donner de détails, il a ajouté que l'Italie "va en tirer les conséquences". Enzo Moavero, ministre italien des Affaires étrangères, a cherché à calmer le jeu, assurant vendredi après-midi que "payer les contributions à l'Union européenne est un devoir légal de ses membres".

Les menaces en Europe "ne servent à rien et ne mènent "nulle part", a répliqué vendredi un porte-parole de la Commission à Bruxelles, Alexander Winterstein. "Les commentaires peu constructifs n'aident pas et ne nous rapprochent pas d'une solution", a-t-il insisté.

Ligne dure

Cette réunion informelle à Bruxelles intervient une semaine après le sauvetage de 190 migrants, du 15 au 16 août dernier en Méditerranée, par le Diciotti, navire des garde-côtes italiens, et les multiples refus de Matteo Salvini, chef de file de la Ligue (extrême-droite), de les accueillir.

Une semaine après ce sauvetage, le gouvernement populiste italien n'entend pas dévier d'un iota de la ligne dure qu'il s'est fixée sur la question migratoire, fort du soutien des Italiens si l'on en croit les derniers sondages. Et ce malgré les nombreuses voix qui s'élèvent pour dénoncer les conditions de vie des migrants bloqués à bord du Diciotti.

Les parquets siciliens de Catane et Agrigente ont ouvert une enquête sur le Diciotti, pour associations de malfaiteurs visant le trafic d'êtres humains mais aussi pour séquestration de personnes, le maintien à bord des migrants pouvant être jugé illégal.

"Les Italiens d'abord"

Selon les médias italiens, une petite partie des migrants du navire ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur maintien à bord. Joint par l'AFP, les garde-côtes ont indiqué que ces migrants "avaient refusé de prendre leur petit déjeuner vendredi matin". Dans l'après-midi, les 150 migrants ont finalement accepté de prendre le repas proposé par les gardes-côtes à bord du Diciotti, selon plusieurs médias.

"Cinq millions d'Italiens en situation de pauvreté absolue font la grève de la faim tous les jours, dans le silence des journalistes et bien-pensants. Les Italiens d'abord", a rétorqué Matteo Salvini.

Le nouveau gouvernement populiste italien a accru la pression sur les autres pays de l'UE pour qu'ils partagent davantage la prise en charge des arrivants. Quelque 700'000 migrants ont débarqué sur les côtes italiennes depuis 2014, mais le nombre de ces arrivées avait diminué de plus de 80% à fin juin par rapport à l'an dernier, selon le ministère de l'Intérieur.

En juillet, 450 migrants étaient ainsi restés trois jours à bord du même Diciotti, jusqu'à ce que l'Italie accepte leur arrivée après avoir obtenu que d'autres Etats européens en accueillent une partie.

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ATS