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En Suisse, les écarts salariaux ne cessent de se creuser. L'Union syndicale suisse (USS) veut prendre le taureau par les cornes. Ses remèdes: hausse des salaires pour les moins bien lotis, réduction plus forte des primes maladie et relèvement des rentes AVS.

"La Suisse a perdu la boussole sociale ces dernières 20 années", a fustigé lundi Paul Rechsteiner, président de l'USS, lors de la traditionnelle conférence de presse lançant l'année syndicale.

Depuis 1996, les salaires du 1% le mieux rémunéré ont augmenté, en termes réels, de 40% environ. Pendant ce temps, la progression n'a été que de 8% pour les bas revenus et de 12% pour les moyens. Particulièrement "dramatique": les personnes au bénéfice d'un apprentissage ont même dû se contenter de moins de 5% de hausse, s'est inquiété M. Rechsteiner.

Cette évolution néfaste est due en particulier à l'individualisation de la politique salariale et au versement croissant de bonus, a renchéri l'économiste en chef de l'USS Daniel Lampart. La fiscalité n'a pas comblé les écarts de revenu.

Hausse des primes

Au contraire, les premiers bénéficiaires des baisses d'impôts sont les classes de revenu supérieures. Les bas et moyens revenus souffrent des augmentations des primes de l'assurance maladie, qui ont pratiquement doublé depuis 1997 (+94%), une fois corrigées de l'inflation.

En fin de compte, le revenu des travailleurs touchant un petit salaire a baissé de 200 francs entre 2002 et 2012, alors que celui de la classe moyenne a stagné. En revanche, le 1% le mieux rémunéré a obtenu 1930 francs de plus dans son porte-monnaie, selon l'USS.

Plus de subsides

Les syndicalistes veulent agir sur les primes de l'assurance maladie pour adoucir un peu l'addition. Personne ne devrait payer plus de 10% de son revenu net pour sa prime, a fait valoir Daniel Lampart.

Faute d'avoir réussi à imposer la caisse unique, l'USS mise désormais sur un renforcement du subventionnement des primes. Dans un premier temps, il faudrait injecter 2,1 milliards de francs dans le pot. Les parents obtiendraient des déductions de 7000 francs par enfant et jeune à leur charge ainsi qu'une baisse des primes pour leur progéniture.

Pour les couples avec deux enfants, les réductions de primes devraient être garanties jusqu'à 175'000 francs de revenu brut. A terme, il s'agirait de parvenir à un niveau de primes ne dépassant pas 8% du revenu imposable. Les modèles de l'USS demeurent pour l'instant au stade de la revendication.

Pour ce qui est du financement, Paul Rechsteiner ne voit pas de problème. La Confédération pourrait avoir recours au milliard de francs qu'elle compte reverser aux cantons pour compenser les pertes prévues avec la réforme de la fiscalité des entreprises, a-t-il lancé.

Rentes AVS à la hausse

L'Union syndicale exige par ailleurs des hausses substantielles de salaires pour les bas et moyens revenus, et en particulier pour les titulaires d'un certificat d'apprentissage. La lutte contre la discrimination salariale des femmes (qui touchent 18,9% de moins que les hommes en moyenne) doit être renforcée.

Et pas question de laisser tomber les retraités. L'évolution de leurs revenus est encore plus inégalitaire, car les 2e et 3e piliers accentuent les déséquilibres de la vie active. Il faut absolument améliorer les rentes de l'AVS, a exigé Paul Rechsteiner. Quant à la Confédération, elle ne doit pas se retirer partiellement du financement du premier pilier, réclame l'USS.

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ATS