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Saoudiens et Houthis négocient secrètement la paix au Yémen

Le Conseil de sécurité de l'ONU a dénoncé jeudi la forte dégradation de la situation humanitaire au Yémen, où "22,2 millions de personnes" ont besoin désormais d'être aidées.

KEYSTONE/EPA/YAHYA ARHAB

(sda-ats)

L'Arabie saoudite et les rebelles chiites houthis mènent des négociations secrètes pour tenter de mettre fin à trois ans de guerre au Yémen, a-t-on appris de sources diplomatiques et politiques. Le gouvernement yéménite n'est pas impliqué dans ces discussions.

Voulant contenir l'influence de l'Iran dans la région, Ryad a pris la tête d'une coalition militaire arabe qui combat les Houthis mais n'est pas parvenue à ramener au pouvoir le président yéménite en exil Abd Rabbou Mansour Hadi malgré le blocus du pays et des bombardements aériens intensifs. Les Saoudiens accusent le mouvement chiite d'être soutenu par Téhéran, ce que les Houthis démentent.

Selon deux diplomates et deux responsables yéménites qui ont tenu à rester anonymes, le porte-parole du mouvement houthi, Mohamed Abdoul-Salam, a entamé des discussions directes avec des représentants saoudiens dans le sultanat d'Oman pour trouver une solution au conflit.

"Volonté d'arriver à un accord"

"Il y a des consultations entre Houthis et Saoudiens, sans la présence d'un représentant du gouvernement (yéménite) reconnu par la communauté internationale, et il y a clairement une volonté de la part des Houthis et de la coalition de parvenir à un accord", a dit un diplomate à Reuters.

Dans un communiqué transmis à Reuters, un responsable de la coalition a démenti que l'Arabie saoudite avait entamé des pourparlers avec les Houthis. Ces derniers n'ont pas souhaité faire de commentaire.

De sources diplomatiques, on indique que les discussions ont débuté il y a deux mois et que l'espoir des deux camps serait de parvenir à proposer un cadre de résolution du conflit lors de l'arrivée, dimanche prochain, du nouvel émissaire des Nations unies pour le Yémen, Martin Griffiths.

Aucun des responsables interrogés par Reuters n'a cependant été en mesure de dire si les discussions avaient progressé. La dernière session de négociations entre le gouvernement yéménite et les Houthis sous l'égide de l'ONU s'est tenue au Koweït en août 2016. En décembre 2015, des discussions avaient eu lieu à Macolin (BE).

Soutien américain

Les Houthis se sont emparés de la capitale Sanaa et ont contraint le président Abd Rabbou Mansour Hadi à l'exil. En trois ans, le conflit a tué plus de 10'000 personnes, provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes et précipité le Yémen - déjà le pays le plus pauvre de la péninsule arabique - au bord d'une famine généralisée.

En l'absence de toute perspective de victoire pour la coalition, des responsables saoudiens, dont le prince héritier Mohammed ben Salmane, ont fait état de leur souhait de voir la guerre se terminer.

Interrogé au sujet du soutien apporté par les Etats-Unis à la coalition - qui prend notamment la forme d'un partage limité d'informations et le ravitaillement des avions -, le secrétaire d'Etat américain Jim Mattis a estimé qu'il se justifiait par la nécessité d'aboutir à un accord.

Tout retrait américain est susceptible d'encourager les Houthis, a-t-il dit à des journalistes dans l'avion le ramenant à Washington après une tournée au Moyen Orient et en Afghanistan.

Vote attendu au Sénat

"De nouvelles restrictions à ce soutien militaire américain limité pourraient augmenter les pertes civiles, mettre en danger la coopération anti-terroriste avec nos partenaires et réduire notre influence sur les Saoudiens, toutes choses qui exarcerberaient encore plus la situation et la crise humanitaire", a-t-il par ailleurs écrit dans une lettre adressée aux dirigeants du Congrès.

Le Sénat américain doit se prononcer la semaine prochaine sur l'implication américaine dans la guerre civile au Yemen.

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