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Le premier ministre néerlandais sortant Mark Rutte s'est félicité de sa victoire contre un "populisme d'un mauvais genre".

KEYSTONE/AP/PATRICK POST

(sda-ats)

Les dirigeants européens ont réagi positivement à la victoire du premier ministre néerlandais Mark Rutte lors des législatives de mercredi aux Pays-Bas. Le Parti libéral (VVD) de M. Rutte reste en tête avec 33 sièges, contre 20 pour le PVV du populiste Geert Wilders.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a félicité M. Rutte pour sa "nette victoire". Il a observé avec satisfaction un "vote pour l'Europe, un vote contre les extrémistes", a tweeté son porte-parole.

Même tonalité en France, où François Hollande a salué une "nette victoire contre l'extrémisme". "Les valeurs d'ouverture, de respect de l'autre et de foi en l'avenir de l'Europe sont la seule véritable réponse aux pulsions nationalistes et de repli sur soi qui secouent le monde", a-t-il dit dans un communiqué.

La chancelière allemande Angela Merkel a dit se "réjouir de continuer à coopérer (avec Mark Rutte) en tant qu'amis, voisins et Européens". Le chef de la chancellerie fédérale, Peter Altmaier, s'est, lui, fait lyrique: "Pays-Bas, ô Pays-Bas, vous êtes des champions. Félicitations pour ce résultat fantastique."

Félicitations du FN

Le scrutin était observé de près par les Etats membres de l'Union européenne, confrontés à une montée des courants populistes notamment en France, où les sondages donnent pour l'heure Marine Le Pen présente au deuxième tour.

Dans ce contexte, le Front national (FN) s'est félicité du "succès d'étape" du parti de Geert Wilders. "Ce n'est pas encore la victoire finale, mais on voit que ça participe d'une tendance générale qui est la progression partout des patriotes en Europe", a estimé le secrétaire général du FN, Nicolas Bay.

"Stop au populisme"

Le PVV de Geert Wilders espérait faire aussi bien qu'en 2010, quand il avait décroché 24 élus. Il progresse de cinq sièges et devient la deuxième force politique du Parlement, mais avec 20 élus selon les résultats quasi définitifs, il ne réussit pas son pari.

"J'aurais préféré être le plus grand parti. Mais nous avons gagné des sièges. C'est un résultat dont nous pouvons être fiers (...) Nous étions le troisième parti des Pays-Bas. Nous sommes aujourd'hui le deuxième. La prochaine fois, nous serons le premier", a commenté M. Wilders, promettant de conduire une opposition féroce s'il n'entre pas dans une coalition de gouvernement.

Mark Rutte, lui, s'est félicité de sa victoire. "Ce soir, après le Brexit, après la présidentielle américaine, les Pays-Bas ont dit stop à ce populisme d'un mauvais genre", a lancé le chef du gouvernement sortant, rayonnant, à ses partisans.

Avec 33 des 150 élus de la chambre des députés, son Parti populaire libéral et démocrate (VVD) perd certes huit sièges par rapport aux précédentes législatives, il y a cinq ans, mais fait mieux que ce que les derniers sondages prévoyaient.

Poussée verte

Derrière, l'Appel chrétien-démocrate (CDA) et les sociaux-libéraux des Démocrates 66 gagnent respectivement six et sept sièges et disposeront chacun de 19 députés. Sous la houlette du trentenaire Jesse Klaver, les écologistes de Groen Links (la Gauche verte) réalisent la progression la plus impressionnante, passant de quatre à 14 élus. A l'inverse, le Parti travailliste (PvdA) s'effondre. Il perd 29 sièges et ne disposera plus que de neuf élus au Parlement.

La campagne électorale a largement tourné autour des thèmes de l'immigration et de l'identité, sur lesquels VVD et CDA ont repris nombre des thèses du PVV. Elle a connu une brusque accélération ce week-end avec la crise diplomatique qui a éclaté avec la Turquie. La fermeté affichée par le gouvernement de M. Rutte a, semble-t-il, joué en sa faveur.

"Rutte a tiré profit de sa droitisation mais aussi du fait que Wilders s'est beaucoup radicalisé ces dernières années et qu'il était invisible dans cette campagne. Et là-dessus, le président turc Recep Tayyip Erdogan a offert à Rutte un joli cadeau", analyse Cas Muddle, professeur associé à l'Université de Georgie.

Le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu, interdit d'entrée aux Pays-Bas ce week-end, a lui estimé qu'"il n'y a pas de différence entre les sociaux-démocrates et le fasciste Wilders, c'est la même mentalité".

ATS

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