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Nadia Savchenko a commencé et achevé sa conférence de presse en entonnant l'hymne ukrainien.

KEYSTONE/AP/SERGEI CHUZAVKOV

(sda-ats)

La pilote militaire ukrainienne Nadia Savtchenko a affirmé vendredi être prête à négocier avec les séparatistes prorusses de l'Est du pays afin de libérer les Ukrainiens encore détenus. Elle a été libérée mercredi après environ deux ans de détention en Russie.

"Je suis prête à parler avec le diable lui-même pour récupérer chacun des nôtres", a t-elle déclaré lors de sa première conférence de presse depuis sa libération.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine a affirmé jeudi que 174 Ukrainiens étaient incarcérés en Russie, en Crimée ou bien capturés par les rebelles dans l'Est.

"Je ne suis pas d'accord lorsqu'on dit qu'il ne faut pas avoir de contacts politiques avec les séparatistes. J'aurai des contacts avec tous", a renchéri la jeune femme de 35 ans, qui a commencé et achevé sa conférence de presse en entonnant l'hymne ukrainien.

Faire ce qu'il faut

"Que dire à (Vladimir) Poutine? Éloigne-toi de l'Ukraine! Éloigne-toi de tous les pays auxquels tu t'accroches!", a lancé Nadia Savtchenko.

Elle a affirmé être prête à se battre pour l'Ukraine, mais aussi à faire la paix. "Si là-bas, ils (les séparatistes, ndlr) sont aussi prêts à cela, alors nous trouverons un terrain entente", a-t-elle dit.

Interrogée sur son avenir, la jeune femme, élue députée alors qu'elle était en prison, est restée vague.

"Ukrainiens, si vous voulez que je devienne présidente, alors parfait je serai présidente", a-t-elle lancé. "Honnêtement, je ne dis pas que je le veux. J'aime voler. Mais je ferai tout ce qu'il faut", a ajouté la pilote d'hélicoptère.

Symbole du conflit

Mme Savtchenko a été échangée mercredi contre deux Russes, accusés par Kiev d'être des agents des services secrets militaires russes (GRU). A son retour à Kiev, elle a été accueillie en héroïne.

Cette femme aux cheveux courts, connue pour son insoumission, était devenue pour les Ukrainiens un symbole du conflit, qui a fait près de 9300 morts dans l'Est du pays, avec les séparatistes prorusses soutenus, selon Kiev et les Occidentaux, par l'armée russe.

La jeune femme purgeait en Russie une peine de 22 ans de prison pour avoir, selon des accusations qu'elle rejette, fourni à l'armée ukrainienne la position de deux journalistes de la télévision publique russe tués par un tir de mortier dans l'est du pays en juin 2014. Elle a toujours affirmé avoir été capturée avant leur mort par des rebelles en Ukraine, puis livrée en juillet à Moscou.

Interrogée sur les conditions de sa libération, Mme Savtchenko a affirmé n'en avoir rien su, jusqu'au dernier moment. "On est venu me chercher la nuit et on m'a dit 'Prépare tes affaires!'. On ne m'a pas dit où on allait. Je ne savais pas si j'allais en Sibérie, à Magadan (dans l'Extrême-Orient russe, ndlr) (...) ou en Ukraine", a-t-elle déclaré.

ATS