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De nombreuses personnalités ont commémoré dimanche à San Giuliano, près de Milan (I), les 500 ans de la bataille de Marignan. Parmi elles, la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga et l'ancien conseiller fédéral Christoph Blocher.

La bataille de Marignan s'est déroulée aux portes de Milan les 13 et 14 septembre 1515. Quelque 20'000 Confédérés défendant le duché de Milan ont affronté 30'000 hommes de l'armée de François 1er et ses alliés vénitiens. Les Suisses ont finalement plié sous le nombre et 12'000 d'entre eux ont péri.

La commémoration organisée dimanche a réuni diverses personnalités, politiciens, historiens et représentants de la Fondation Pro Marignano. "Savoir ce que Marignan signifie pour nous aujourd’hui, est une question controversée. Très controversée même", a déclaré Mme Sommaruga dans son allocution.

La socialiste a mis en garde contre "les mythes et les lieux de mémoire": il s'agit de "ne pas rester enfermés dans le passé". La Suisse actuelle a également d'autres jalons, comme la Constitution de 1848, le développement des droits populaires, l'émancipation des femmes ou encore la création des assurances sociales, a-t-elle ajouté.

"Ces étapes majeures de l’histoire de la Suisse n’ont pas eu lieu sur des champs de bataille", a poursuivi Mme Sommaruga. Elles ont été menées "avec des arguments et des bulletins de vote, par des héroïnes et des héros du quotidien".

La bataille de Marignan peut cependant être l'occasion pour la Suisse de réfléchir à la manière dont elle entend concevoir sa neutralité au 21e siècle, a-t-elle conclu.

Débats de spécialistes

En cette année de commémoration, la portée de cet événement dans l'histoire de la Suisse a fait l'objet des débats entre spécialistes et politiciens. Les uns y voient un tournant amenant la Confédération à sortir de la politique des grandes puissances pour adopter celle de la neutralité. D'autres protestent contre l'appropriation nationale-conservatrice du "mythe de Marignan".

L'historien Jürg Stüssi-Lauterburg a rappelé qu'après la bataille, une attitude expansive n'était plus essentielle pour les Confédérés de l'époque et que la neutralité qui a suivi était une condition de l'engagement humanitaire de la Suisse dans les siècles à venir.

L'ancien député au Grand Conseil argovien a également relevé que la frontière sud du pays a été tracée avec les hallebardes et non sur le papier. C'est à Marignan que la Suisse doit le canton du Tessin: Lugano et Locarno sont restées chez les Confédérés lors de la Paix de Fribourg en 1516.

Interrogé par l'ats, Christoph Blocher a estimé que la Suisse devait rester petite. La génération montante doit se battre pour la neutralité et l'indépendance du pays, en particulier dans ses rapports avec l'Union européenne, a-t-il ajouté. M. Blocher avait déjà collaboré aux célébrations du 450e anniversaire de celle qui est appelée la "Bataille des géants".

ATS