Au moins six personnes sont mortes et une cinquantaine d'écoliers ont été blessés par l'explosion lundi d'une voiture piégée, suivie de l'irruption d'assaillants armés dans un bâtiment du centre de Kaboul. Cette attaque a été revendiquée par les talibans.

Les enfants, qui se trouvaient dans cinq écoles partiellement endommagées par la déflagration, ont été blessés par des éclats de verre, a annoncé le ministère de l'Education. Leurs jours ne sont pas en danger.

L'attaque a fait six morts, quatre civils - dont un enfant - et deux membres des forces spéciales, et 84 civils blessés, selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Nasrat Rahimi.

Cette attaque visait "un centre logistique et d'ingénierie du ministère de la Défense", a précisé le porte-parole des talibans Zabiullah Mujahid dans un communiqué, précisant qu'"un grand nombre d'assaillants" ont ensuite pénétré dans ce bâtiment. Elle intervient dans le contexte des discussions de paix qui sont en cours depuis samedi à Doha entre talibans et représentants américains.

Zone bouclée

Des hélicoptères survolaient la zone de l'explosion et des échanges de tirs étaient sporadiquement audibles. Une colonne de fumée s'élevait dans le ciel.

L'attaque a débuté avec l'explosion d'une voiture piégée, qui a été ressentie à plus de deux kilomètres de distance. "Puis plusieurs assaillants ont attaqué un bâtiment", selon M. Rahimi.

L'explosion a également affecté les locaux de la chaîne Shamshad TV, qui a brièvement cessé d'émettre avant de diffuser en direct des images de ses locaux, très endommagés. Le quartier visé abrite aussi les sièges des fédérations afghanes de football et de cricket.

Négociations à Doha

Cette attaque est survenue deux jours après le commencement, samedi au Qatar, de nouvelles discussions entre les Etats-Unis et les talibans en vue de trouver une issue au conflit en Afghanistan, selon une source talibane. La reprise des pourparlers avait déjà coïncidé avec une attaque des talibans qui a coûté la vie à au moins 25 membres de milices progouvernementales dans le nord du pays.

Les discussions ont été entamées en septembre et elles portent sur quatre points principaux: le retrait des troupes américaines, l'assurance que l'Afghanistan ne servira pas de refuge à des groupes terroristes voulant attaquer d'autres pays, un dialogue inter-afghan et un cessez-le-feu permanent.

Si les deux parties semblent s'accorder sur les deux premiers points, les insurgés freinent sur les deux suivants. "Une fois que le calendrier de retrait des forces étrangères sera fixé en présence d'observateurs internationaux, nous entamerons les pourparlers avec la partie afghane", a tweeté lundi Suhail Shaheen, le porte-parole politique des talibans à Doha.

L'attentat de lundi "illustre la nature criminelle inhérente" des talibans, a de son côté tweeté le chef de l'exécutif afghan Abdullah Abdullah, appelant à "punir les mécréants".

En visite la semaine dernière à Kaboul, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo avait dit espérer un accord de paix avec les talibans "avant le 1er septembre". Une élection présidentielle est prévue pour le 28 septembre en Afghanistan.

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