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Soixante-cinq journalistes, dont 50 professionnels, tués en 2017

Soixante-cinq journalistes tués en 2017: le bilan fait de cette année la moins meurtrière depuis 14 ans pour les journalistes professionnels, note Reporters sans frontières (RSF). Ici lors d'une opération de l'ONG à Paris sur le mur de l'ambassade syrienne en 2011 (archives). KEYSTONE/EPA/RSF/HO sda-ats
Ce contenu a été publié le 19 décembre 2017 - 06:22
(Keystone-ATS)

Soixante-cinq journalistes ont été tués dans le monde en 2017, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF) publié mardi. Parmi eux figurent cinquante professionnels, sept "journalistes-citoyens" (blogueurs) et huit "collaborateurs des médias".

Ce bilan fait de 2017 l'année la moins meurtrière depuis 14 ans pour les journalistes professionnels, note l'ONG basée à Paris. Il est dû en partie à une meilleure protection des reporters mais également au fait que des pays dangereux "se vident de leurs journalistes". "C'est le cas de la Syrie, de l'Irak, du Yémen, de la Libye où l'on assiste à une hémorragie de la profession", déplore RSF.

Parmi les 65 journalistes (professionnels et non-professionnels) tués au cours de l'année, 39 ont été assassinés ou sciemment visés et 26 ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions. en 2016, on dénombrait 79 morts dans la profession.

Comme l'an dernier, la Syrie demeure le pays le plus meurtrier pour les reporters avec 12 journalistes tués recensés, devant le Mexique (11), l'Afghanistan (9), l'Irak (8) et les Philippines (4).

Quasi-systématiquement visés

Si les conflits armés mettent en péril la vie des journalistes qui couvrent ces guerres, dans des pays comme le Mexique "des cartels et des politiques locaux font régner la terreur" contraignant aussi nombre de journalistes à "quitter leur pays ou leur profession". "Le Mexique est le pays en paix le plus dangereux au monde pour les reporters", souligne RSF.

Au pays des cartels de la drogue, les journalistes qui traitent de la corruption de la classe politique ou du crime organisé sont quasi-systématiquement visés, menacés, voire exécutés. Cela a été notamment le cas de Javier Valdez Cardenas, journaliste chevronné de 50 ans, collaborateur de l'AFP et de médias locaux, froidement assassiné le 15 mai.

La Syrie, pays le plus meurtrier

Déchirée par un conflit sans fin, la Syrie, reste le pays le plus meurtrier pour les journalistes depuis 2012.

"Sur le terrain, le danger est partout et les reporters, qu'ils soient professionnels ou non, sont en permanence exposés aux tirs de snipers, aux missiles ou à l'explosion d'un engin artisanal ou d'un kamikaze", a rappelé RSF. L'ONG souligne que les journalistes locaux sont les plus exposés en raison notamment de la forte diminution de reporters étrangers sur le terrain.

En 2017, 58 journalistes ont été tués dans leur pays d'origine tandis que sept reporters sont morts à l'étranger dont le Français Stephan Villeneuve et la Suisse Véronique Robert tués le 19 juin en Irak.

RSF relève que dix femmes ont été tuées cette année, contre cinq l'an dernier. "La plupart d'entre elles avaient en commun d'être des journalistes d'investigation chevronnées et pugnaces, à la plume acérée", dit RSF en citant notamment l'assassinat à la voiture piégée à Malte le 16 octobre de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia.

Emprisonnements

Outre les journalistes assassinés, RSF a recensé un total de 326 journalistes emprisonnés dont 202 journalistes professionnels, 107 blogueurs et 17 collaborateurs des médias.

Si la tendance générale est à la baisse, certains pays se démarquent au contraire par un nombre inhabituel de journalistes prisonniers cette année. C'est le cas du Maroc où un journaliste professionnel, Hamid El Mahdaoui, quatre blogueurs et trois collaborateurs de médias sont actuellement détenus pour leur couverture de la révolte populaire qui agite la région du Rif depuis fin 2016.

En Russie, "cinq journalistes et un blogueur sont actuellement derrière les barreaux", écrit RSF. Mais c'est la Chine qui détient le record des journalistes emprisonnés avec 52 d'entre eux sous les verrous devant la Turquie (43), la Syrie (24), l'Iran (23) et le Vietnam (19).

A ce jour, note encore RSF, 54 journalistes dont 44 journalistes professionnels, sont retenus en otages principalement par des groupes armés comme le Groupe Etat islamique qui retient 22 journalistes en otages.

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