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Armée et rebelles, qui s'affrontent depuis décembre 2013 au Soudan du Sud, s'accusaient mutuellement samedi d'être à l'origine de nouveaux combats. Et ce malgré la signature d'un accord de paix pour mettre fin à 20 mois de guerre civile et prévoyant un cessez-le-feu.

Les rebelles de (l'ancien vice-président) Riek Machar ont attaqué hier la localité de Malakal", capitale de l'Etat pétriolier et stratégique du Haut-Nil et "le bombardement de Malakal a repris ce matin", a affirmé samedi le porte-parole de l'armée sud-soudanaise, le colonel Philip Aguer. "Bien qu'engagée dans la dynamique de paix (...), l'armée a le droit à la légitime défense".

Un porte-parole de la rébellion, James Gatdet Dak, a confirmé que des combats se déroulaient samedi à Malakal, mais nié que les rebelles aient lancé l'offensive, accusant l'armée d'avoir attaqué la première. "Ce sont leurs forces qui nous ont attaqués près de Malakal", a-t-il assuré, "elles voulaient s'emparer de la zone avant que le cessez-le-feu n'entre en vigueur".

L'accord de paix signé le 17 août à Addis Abeba par Riek Machhar et mercredi après-midi à Juba par le président Salva Kiir prévoit l'entrée en vigueur d'un "cessez-le-feu permanent" 72 heures après la signature du document. Il n'était pas clair dans l'immédiat si le cessez-le-feu était ou non déjà en vigueur, samedi après-midi.

Cessez-le-feu à minuit

Selon James Gatdet Dak, le cessez-le-feu entre en vigueur ce samedi à minuit (23h00 en Suisse). La médiation de l'Igad (Djibouti, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Somalie, Soudan et Soudan du Sud) a de son côté simplement fait état de la date de samedi, sans autre précision.

Un autre porte-parole rebelle, Dickson Gatluak Jock, a par ailleurs indiqué que les forces de M. Machar étaient attaquées samedi depuis le matin dans l'État septentrional d'Unité, autre zone-clé du conflit. "Cette attaque injustifiée (...) constitue une grave violation de l'accord de paix et doit être condamnée dans les termes les plus vifs", a estimé ce porte-parole, "cela montre que les forces gouvernementales n'ont pas cessé le combat".

Série de mesures

Dans "une déclaration de cessez-le-feu permanent", Riek Machar a ordonné vendredi à toutes ses forces de "cesser le feu dans le pays à compter du 29 août à minuit". M. Kiir avait de son côté ordonné par décret jeudi à l'armée sud-soudanaise de cesser les combats également à partir de ce samedi "29 août minuit".

Outre un "cessez-le-feu permanent", l'accord de paix prévoit également sous 72 heures une série de mesures "de désengagement, de séparation et de retrait des forces du théâtre des opérations". Directement menacés de sanctions, MM. Kiir et Machar ont signé l'accord sous forte pression de la communauté internationale.

En signant l'accord M. Kiir a ouvertement fait part de ses réticences envers cette "paix imposée" et posé 16 "réserves" à diverses dispositions du texte, dont plusieurs concernant le crucial mécanisme de partage du pouvoir avec la rébellion, semant le doute sur un rapide retour à la paix au Soudan du Sud.

ATS