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Sperisen écope de 15 ans de prison pour complicité d'assassinats

Bien que condamné à 15 ans de prison, Erwin Sperisen ne devra pas retourner en prison. Il a pu ressortir à pied du Palais de justice et est assigné à résidence dans l'appartement que sa femme loue en ville.

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

A Genève, l'ancien chef de la police nationale du Guatemala Erwin Sperisen a été condamné vendredi en appel à quinze ans de prison. La justice l'a reconnu coupable de complicité dans l'assassinat de sept détenus en 2006. L'accusé ne retournera toutefois pas en prison.

Lors de deux précédents procès, Erwin Sperisen avait écopé de la prison à vie pour assassinats. La Chambre pénale d'appel et de révision s'est montrée cette fois moins sévère, écartant la coactivité pour ne retenir que la complicité du prévenu dans les exécutions extrajudiciaires qui lui étaient reprochées.

Les juges ont souligné que les sept détenus de la prison de Pavon avaient bien été victimes d'homicides planifiés lors de la reprise en main du pénitencier par les forces de sécurité guatémaltèques. Ces assassinats avaient été perpétrés par un commando parallèle, composé de proches collaborateurs d'Erwin Sperisen.

Pour la cour, il ne peut pas être prouvé qu'Erwin Sperisen est à l'origine de la décision de "nettoyage social" qui avait été prise en secret, ni qu'il a participé à l'élaboration du plan pour éliminer les détenus les plus influents de la prison. Il a en revanche apporté un soutien psychologique aux tueurs.

Une fonction d'autorité

Il a conforté le commando en l'assurant qu'il pourrait agir sans crainte. Il a couvert toute l'opération de son autorité et a permis qu'elle se déroule. Le groupe de tueurs était par ailleurs emmené par Javier Figueroa, l'ami d'enfance et bras droit d'Erwin Sperisen. Ce dernier ne pouvait être qu'informé de ce qui allait se passer.

Le premier procureur Yves Bertossa n'a pas demandé l'arrestation d'Erwin Sperisen une fois le jugement rendu, considérant que les mesures de substitution dont bénéficie l'ancien chef de la police du Guatemala depuis plusieurs mois suffisaient. Erwin Sperisen ne devra ainsi pas retourner en prison pour y purger le solde de sa peine.

Recours au TF

Florian Baier et Giorgio Campa, les avocats d'Erwin Sperisen, ont annoncé à l'issue de l'audience de jugement qu'ils saisiront à nouveau le Tribunal fédéral. "Nous allons devant la Haute Cour pour obtenir la constatation totale de l'innocence de notre client dans cette affaire", a souligné M.Baier.

Les avocats ne comprennent pas comment Erwin Sperisen peut être considéré comme complice de personnes qui étaient à l'époque sous ses ordres. "C'est un non-sens total", a relevé M.Campa. M.Baier, de son côté, a dénoncé un jugement "colonial", qui ne tient aucun compte de la situation du Guatemala de l'époque.

Le premier procureur Yves Bertossa, pour sa part, se satisfait du verdict rendu par la Chambre pénale d'appel et de révision et de sa présidente Alessandra Cambi Favre-Bulle. "Il était important, sur le principe, que la cour retienne la responsabilité d'Erwin Sperisen dans ces événements".

Si Erwin Sperisen a été reconnu coupable de complicité des assassinats de la prison de Pavon, il a en revanche été acquitté de l'exécution de trois détenus qui s'étaient échappés du pénitencier d'Infernito, en 2005. Le Ministère public avait en effet laissé tomber ce volet de l'accusation, s'en remettant au tribunal.

Procédure interminable

Erwin Sperisen était jugé pour la troisième fois à Genève. Il avait été condamné à deux reprises à la prison à vie, une fois en première instance et une fois en appel. Le Tribunal fédéral avait cassé le dernier jugement, estimant que le droit d'être entendu du double-national helvético-guatémaltèque avait été violé.

Erwin Sperisen avait été arrêté en août 2012 à Genève, où il s'était réfugié avec sa famille en 2007. Il a passé cinq ans en détention préventive avant d'être remis en liberté l'automne dernier tout en étant assigné à résidence, avec l'obligation de porter un bracelet électronique à la cheville et l'interdiction de quitter le canton.

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