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La population musulmane cristallise les réactions les plus racistes en Suisse, selon une étude.

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

Les Suisses sont globalement tolérants, mais un bon tiers d'entre eux dit pouvoir être dérangé par la présence de personnes perçues comme différentes. L'enquête publiée mardi par l'OFS précise que c'est autour des musulmans que les tensions se cristallisent le plus.

Selon les groupes auxquels elle est confrontée, la population suisse montre plus au moins d'ouverture, écrit l'Office fédéral de la statistique (OFS). Parmi les trois groupes étudiés dans l'enquête, lorsque des caractéristiques négatives sont présentées, 17% estiment que celles-ci s'appliquent aux musulmans.

Ce taux chute à 12% chez les juifs et 4% chez les Noirs, précise l'OFS. Les taux d'hostilité sont à 14% vis-à-vis des musulmans, 10% pour les Noirs et 8% pour les juifs. Dans le cas des musulmans, l'hostilité envers ce groupe est toutefois moins forte que la défiance envers l'islam qui s'élève, en 2016, à 33%.

L'an dernier, 36% de la population indiquait "pouvoir être dérangée par la présence de personnes perçues comme différentes". L'intensité de ce sentiment varie selon l'origine du dérangement, relève l'OFS.

Six pourcents de la population se déclarent dérangés au quotidien par une personne ayant une couleur de peau ou une nationalité différente, 10% par une religion différente et 12% par des langues différentes. Enfin, 21% se disent gênés par la présence de personnes ayant un mode de vie non sédentaire.

Tolérance globale

Malgré les sentiments évoqués, la population résidante fait preuve de tolérance vis-à-vis des étrangers, ajoute l'OFS. En témoigne par exemple le fait que 64% des personnes sont contre le renvoi des ressortissants étrangers en cas de raréfaction des emplois, que 60% sont favorables au regroupement familial ou encore que 56% acceptent l'idée d'une naturalisation automatique de la 2e génération.

Deux tiers des Suisses ne pensent pas que les étrangers créent un climat d'insécurité dans la rue et quasi autant réfutent l'idée qu'ils seraient responsables de potentielles hausses du chômage. Seules 16% des personnes se sentent menacées par les étrangers et 4% par les Suisses.

L'enquête met également en lumière les expériences personnelles de discrimination. Ainsi, 27% de la population affirme avoir subi au moins une forme de discrimination au cours des cinq dernières années en raison d'une appartenance à un groupe. Spécifiquement, 4% déclare avoir subi de la violence physique, 13% de la violence psychique et 21% de la discrimination.

La nationalité est, de manière nette, le motif le plus souvent cité par les victimes (54%). Près de la moitié (48%) l'ont été dans le cadre du travail ou de la recherche d'emploi.

Une société multiculturelle

L'OFS rappelle que la Suisse se caractérise par la présence de multiples groupes sociaux et une diversité d'appartenances. On recense plus de dix communautés religieuses principales parmi la population, pour plus de 190 nationalités. Cette diversité constitue une richesse pour la société, écrit l'OFS, mais elle peut aussi créer des défis en matière de cohabitation.

En 2016, 56% des personnes estimaient que l'intégration des migrants dans la société suisse fonctionne bien. Pour 66% des habitants, le racisme est un problème social important. La majorité estime que les mesures prises par différents acteurs dans les domaines de la lutte contre la discrimination raciale et de l'intégration répondent aux besoins actuels.

Près d'un tiers (entre 29% et 34%) pensent toutefois qu'elles sont insuffisantes ou lacunaires. Parmi les personnes insatisfaites des mesures prises, la majorité indique que c'est à l'Etat d'augmenter ou de réduire son investissement, quel que soit le domaine.

Politisation de l'immigration

Parallèlement à la statistique de l'OFS, le Département fédéral de l'intérieur (DFI) a publié mardi le rapport du Service de lutte contre le racisme 2016, établi tous les deux ans. Celui-ci constate que les opinions hostiles envers les étrangers et les minorités ne semblent pas avoir évolué de façon significative, en dépit de la politisation de l’immigration.

Dans la préface au rapport, le conseiller fédéral Alain Berset note que la "diversité exige de nous plus qu'une simple tolérance passive; elle nous oblige à nous ouvrir aux différences". Si la Suisse jouit d'une forte cohérence sociale, "nous ne sommes pas plus à l'abri du racisme que d'autres pays".

Les discriminations se manifestent souvent de manière subtile et imperceptible dans les relations quotidiennes, alors qu’elles prennent des allures de plus en plus ostensibles et agressives sur Internet et les réseaux sociaux. "Plus nous agissons avec fermeté et rapidité contre les discriminations raciales, mieux nous pourrons prévenir les conflits et consolider notre cohésion sociale", conclut Alain Berset.

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ATS