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Les premiers visiteurs se sont pressés sur les passerelles flottantes de Christo.

KEYSTONE/EPA ANSA/FILIPPO VENEZIA

(sda-ats)

Des milliers de visiteurs ont pris d'assaut samedi les passerelles installées par l'artiste Christo. Le but est de faire marcher le public sur l'eau du lac d'Iseo, dans le nord de l'Italie.

Les plus motivés, qui avaient passé la nuit sur place, ont posé le pied peu avant 08h00 sur ces "pontons flottants" ("floating piers") jaune orangé de trois kilomètres qui rejoignent l'île de Monte Isola et celle, toute petite, de San Paolo.

Jusqu'au 3 juillet, de jour comme de nuit, les organisateurs tablent sur 25'000 visiteurs par jour en semaine et 40'000 le week-end, soit un total d'environ un demi-million d'Italiens et de touristes du monde entier, dans cette région relativement isolée et habituellement paisible.

Mais selon des estimations de la presse, le site a vu passer jusqu'à 55'000 personnes samedi. Dès le début d'après-midi, la limite de 11'000 personnes sur les passerelles a été atteinte et la queue s'est allongée devant l'entrée, sous un soleil de plomb.

Plusieurs dizaines de légers malaises ont été enregistrés dans la foule, et depuis la régie centrale, Christo a conseillé au public de venir un autre jour. A partir de 17h00, la circulation des trains menant au lac a été suspendue.

Ces trains avaient déjà accusé une heure de retard en début de matinée en raison d'un sabotage sur la ligne ferroviaire par des opposants à la famille Beretta, propriétaire de la petite île San Paolo et de l'une des principales fabriques d'armes du pays.

En fin d'après-midi, la pluie et le vent sont venus se mêler à la confusion, obligeant les organisateurs à ordonner vers 19h00 l'évacuation temporaire des passerelles, devenues trop instables.

Elles devaient rouvrir dans la nuit, mais des orages annoncés pour la mi-journée dimanche pourraient à nouveau gâcher la fête.

Parmi les visiteurs qui ont profité de l'installation samedi, beaucoup ont retiré leurs chaussures pour ressentir au mieux l'expérience "très physique" promise par l'artiste qui avait emballé le Pont-Neuf à Paris ou le Reichstag à Berlin.

"C'est comme être sur une barque, ça tangue, c'est amusant", a résumé Agata, 12 ans, à des journalistes. Venue avec sa famille de Bergame, elle était partie dans la nuit en voiture pour arriver à l'aube.

Comme pour chaque oeuvre de Christo, la visite est gratuite: les 15 millions d'euros nécessaires à l'installation ont été financés par la vente de dessins et maquettes préparatoires.

"C'est une grande émotion, je suis très satisfait du résultat, qui est le fruit de la collaboration de toutes les institutions, pour garantir aussi la sécurité des centaines de milliers de personnes qui viendront marcher sur l'eau", a commenté le président de la région de Lombardie, Roberto Maroni.

A l'image d'une plage, les passerelles n'ont pas de rambardes et personne ne porte de gilet de sauvetage. Mais la sécurité est assurée en permanence par 150 personnes sur les passerelles et 30 maîtres-nageurs sauveteurs autour.

ATS