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Swiss a sous-estimé easyJet dans sa reconquête de Cointrin

Le "plan Calvin" de reconquête de l'aéroport de Genève était trop ambitieux, reconnaît Swiss (archives).

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

Le directeur général pour la Suisse romande de Swiss, Lorenzo Stoll, reconnaît des erreurs dans la stratégie de reconquête de l'aéroport de Genève de la part de la compagnie aérienne. "Il ne faut pas s'en cacher, nous avons voulu aller trop vite", déclare-t-il.

"Nous avons clairement sous-estimé les difficultés de l'exercice consistant à confronter la marque Swiss au réflexe easyJet", indique-t-il dans un entretien diffusé lundi par Le Temps. La compagnie aérienne à bas coûts easyJet est de loin le principal transporteur actif à Cointrin, avec une part de marché de 43,2%. Il est suivi par Swiss (15%) et British Airways (4,7%).

M. Stoll explique également l'échec de Swiss par une extension "disproportionnée" de son réseau à Genève. "Nous sommes passés de treize à 42 routes, en un an, sans ajouter de nouveaux avions". Il s'agit maintenant de "resserrer notre offre de 40 à 30 destinations, tout en augmentant la fréquence sur certaines routes", poursuit-il.

Outre l'entrée en service en avril 2017 des avions Bombardier C100 et C300, moins gourmands en carburant, la compagnie aérienne compte sur une offre étoffée, "avec des destinations uniques et inédites", pour améliorer ses résultats à Genève.

"D'une importance fondamentale"

Le responsable assure que "retirer des avions, voire quitter Cointrin n'est pas envisageable". Avec un potentiel de 25 millions de passagers à l'horizon de 2030, l'aéroport "est d'une importance fondamentale". "Ce qui peut en revanche l'être, c'est de changer la compagnie opérant de cette plate-forme", explique-t-il. Selon différents médias, Lufthansa évaluerait la possibilité de faire voler des avions de sa compagnie à bas prix Eurowings de Genève.

En 2013, Swiss a lancé le "plan Calvin", soit sa stratégie de redéploiement sur la plate-forme genevoise. "Le défi était d'y parvenir avant l'an prochain, sachant que depuis 2013 nous avions déjà amélioré de près de 50% nos résultats opérationnels", explique M. Stoll.

"Mais le contexte a changé entre-temps", souligne-t-il, pointant l'abandon par la Banque nationale suisse du taux plancher de 1,2 franc pour un euro, la crise politique et économique en Russie, le Brexit et les attentats terroristes. "La combinaison de ses vents contraires (...) nous a conduits à réajuster nos plans".

La filiale de Lufthansa a ainsi décalé d'un an au moins son plan de rentabilité pour Genève, qui était prévu pour fin 2016-début 2017. Elle maintient toutefois son objectif et souhaite un taux de remplissage de plus de 80% depuis Cointrin.

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