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Swissmechanic craint une désindustrialisation en Suisse

Les petites et moyennes entreprises (PME) de la branche MEM (machines, équipements électriques, métaux) vivent une fin d'année difficile. Au regard des licenciements déjà annoncés, le scénario d'une potentielle désindustrialisation inquiète la faîtière Swissmechanic.

Près de 18% des entreprises indiquent planifier une délocalisation, selon les résultats d'un sondage représentatif de ses quelque 1400 membres mené au 3e trimestre par Swissmechanic, l'association faîtière des PME actives dans les domaines mécaniques, techniques et électrotechniques.

Près de 3000 places de travail ont été supprimées depuis début 2015, et ce chiffre pourrait doubler d'ici à la fin de l'année, estime Swissmechanic, observant que 14% des entreprises comptent sur des licenciements supplémentaires pour les prochains mois. Les résultats et les chiffres d'affaires sont jugés insatisfaisants par respectivement 62% et 48% des firmes sondées.

Vague de licenciements

Entre autres annonces récentes de licenciements, Sia Abrasives, producteur thurgovien de produits abrasifs, a indiqué qu'il allait biffer environ 260 emplois sur 720 à Frauenfeld. Le fabricant zurichois de machines textiles Rieter prévoit de supprimer 150 des 855 emplois de son site historique de Winterthour.

Le groupe électrotechnique ABB a lui annoncé vouloir réaliser une économie d'un milliard de dollars (1 milliard de francs) dans le domaine du personnel administratif d'ici à fin 2017, avec un programme de restructuration qui devrait avant tout concerner le siège principal de Zurich.

Le géant suédois de l'emballage Tetra Pak a aussi communiqué son intention de fermer son site de Romont (FR), qui emploie 123 collaborateurs. Plusieurs entreprises horlogères ont en outre annoncé plusieurs licenciements - sans compter les firmes plus petites, dont les mesures prises passent plus inaperçues.

En sus, le recours au travail à temps partiel ou à un allongement de la durée de travail est patent. Ainsi, 13% des entreprises ont introduit du chômage partiel au 3e trimestre, selon le sondage de Swissmechanic.

Perte de savoir-faire

La crainte d'une perte de savoir-faire, qui affaiblirait la branche et même l'ensemble de l'économie suisse, est présente. "Par définition, la désindustrialisation est un changement provoqué par l'atrophie du secteur industriel. C'est exactement ce qui se passe actuellement", note le directeur de Swissmechanic Oliver Müller.

Le son de cloche est similaire chez Peter Dietriech, interviewé vendredi dans Le Temps. Le directeur de Swissmem (la faîtière de l'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux) relève que 35% des membres prévoyaient en juin des chiffres rouges fin 2015.

"L’appréciation du franc a aussi incité beaucoup d’entreprises à se poser la question de savoir quelles activités industrielles peuvent encore être exploitées de manière rentable en Suisse. Cela a accéléré le processus de changement structurel (...), avec à la clé des transferts de production ou des licenciements", pointe-t-il.

Conjonction de facteurs

Environ un tiers des firmes interrogées par Swissmechanic font état d'une situation commerciale positive, mais s'inquiètent d'un tel scénario face à la combinaison de trois facteurs "difficiles à digérer pour les PME", Oliver Müller dixit.

Tout d'abord, le franc fort et l'abandon du taux plancher de l'euro par la Banque nationale suisse (BNS) début janvier ont amené un renchérissement soudain des prix des produits helvétiques.

Deuxièmement, la conjoncture dans l'Union européenne (UE) est décevante - et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit une croissance de 2,2% en 2016. Un tiers des entreprises sondées jugent que les entrées de commandes issues de l'UE se sont détériorées au 3e semestre par rapport au précédent.

Enfin, les hauts salaires pratiqués désavantagent les entreprises établies sur sol helvétique. Swissmechanic relève ainsi qu'un tour de vis sur les rémunérations peut encore être fait pour atténuer la pression des prix face à l'UE.

Président de Swissmechanic, Roland Goethe s'inquiète d'une "discussion manquante" et attend une réaction et un soutien politiques, passant notamment par un allégement des barrières administratives. Même s'il reste confiant en la capacité des entreprises à trouver des solutions.

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