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Sylvie Durrer, directrice du Bureau fédéral de l'égalité, estime que la cause avance en Suisse malgré les apparences (archives).

KEYSTONE/LUKAS LEHMANN

(sda-ats)

Sylvie Durrer, directrice du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes, est confiante. La cause qu'elle défend depuis huit ans à Berne progresse malgré les apparences. La question de l'égalité salariale est désormais inscrite à l'agenda politique.

"Avant, on disait que le problème n'existait pas. Aujourd'hui, on le reconnaît et on admet qu'il faut faire quelque chose", a déclaré Sylvie Durrer dans une interview au Temps, publiée mercredi. Le Conseil des Etats a certes renvoyé le projet de contrôle des salaires du Conseil fédéral, mais les divergences portaient non pas sur le fond mais sur les mesures à mettre en place.

Il reste cependant encore beaucoup à faire, selon la Vaudoise. Les inégalités dont sont victimes les femmes se manifestent en effet dès qu'elles entrent sur le marché du travail et dès qu'un couple envisage d'avoir des enfants. La directrice reçoit constamment des témoignages en ce sens.

Structures d'accueil insuffisantes

A la différence de plusieurs autres pays occidentaux, la Suisse accuse un gros retard en matière de structures de garde et d'organisation scolaire. "Sur la base du critère du salaire, c'est souvent la femme qui réduit son temps de travail. Mais dans bien des cas, le couple fait ce choix à regret, il se 'retraditionnalise' malgré lui", constate Sylvie Durrer.

Pour la directrice du Bureau de l'égalité, le travail à temps partiel, "idéalisé en Suisse", a un coût très élevé. "Il signifie moins d'argent au quotidien pour la famille, mais aussi beaucoup moins d'argent pour les femmes sur leur deuxième pilier à la retraite." Beaucoup ne mesurent pas l'ampleur des conséquences économiques de ce modèle, regrette-t-elle.

Aujourd'hui, l'égalité figure à l'agenda politique et médiatique. Ce thème dépasse clairement les dogmes gauche-droite. Elle se réjouit d'ores et déjà du débat à venir sur l'initiative pour un congé paternité de quatre semaines. "Ces votations sont l'occasion d'avoir des discussions sur notre vision de l'égalité et de la famille", selon elle.

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