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Syndicom veut mettre l'employé au centre de la numérisation et défendre les acquis sociaux. Ici, son représentant pour la branche TIC, Giorgio Pardini.

KEYSTONE/ANTHONY ANEX

(sda-ats)

Pour réussir son virage numérique, l'économie suisse doit absolument prendre en compte les employés. Pas question de revenir sur des acquis sociaux comme un contrat qui fixe clairement la durée du travail, prévient ainsi Syndicom.

Le syndicat des médias et de la communication présentait jeudi devant la presse à Berne un manifeste sur la numérisation, en réponse à un récent rapport du Conseil fédéral sur la question.

Dévoilé début janvier, le rapport se concentre sur les conditions-cadre pour l'économie, qui doivent être "optimisées" pour faire face au défi numérique. Le ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann a déjà exclu toute nouvelle loi, mettant en garde contre un "activisme législatif" nuisible.

Le rapport du gouvernement est un bon début, mais présente des lacunes, souligne le syndicat. La perspective des employés est absente. Elle est pourtant indispensable, car ils sont les acteurs de la numérisation de l'économie et de la société.

Contre Uber

Et Syndicom de sonner l'alerte: les employeurs flairent un vent favorable pour démanteler les conditions de travail. Ils demandent par exemple de renoncer à la distinction entre salariés et indépendants. "Une attaque fondamentale contre les acquis sociaux arrachés de haute lutte ces 150 dernières années", lance Giorgio Pardini, membre de la direction de Syndicom.

"Uber est la voie à ne pas suivre" pour l'économie suisse, a-t-il mis en garde. C'est l'exemple-type d'une bonne technologie mal mise en oeuvre. La flexibilité seule ne suffit pas, il faut de la sécurité pour l'employé.

Dans un premier temps, Syndicom va porter ses revendications numériques auprès de Swisscom. Il va profiter des négociations de la nouvelle convention collective de travail (CCT), qui sera renouvelée en 2018 et à laquelle sont soumis 15'000 employés. Cette CCT pourra servir de modèle dans l'économie numérique en Suisse, veut croire le syndicat.

Droit au perfectionnement

Au centre des réflexions, un droit au perfectionnement, explique Pascal Bassu, collaborateur Swisscom. Les formations continues ne devraient plus être une simple option, mais un "droit fondamental" ancré dans la CCT. Il faut développer continuellement le potentiel des employés, afin qu'ils puissent faire face à la mutation rapide du travail qu'implique la numérisation.

Le syndicat défend aussi un droit pour l'employé à la déconnexion et à la "non-joignabilité". L'économie numérique peut entraîner la disparition des frontières entre vie professionnelle et vie privée, causant maladies, stress et burn-out.

ATS

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