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Mohamed Allouche (2e depuis la gauche) mène l'opposition syrienne aux pourparlers d'Astana.

KEYSTONE/EPA/IGOR KOVALENKO

(sda-ats)

Des pourparlers de paix sur la Syrie se sont ouverts lundi à Astana, capitale du Kazakhstan, dans un climat augurant peu des chances de succès après six ans de guerre civile. Il s'agit des premières négociations en neuf mois.

La première journée de négociations s'est terminée lundi soir sans avancée apparente. Les rebelles ont décidé à la dernière minute de ne pas s'adresser directement aux représentants du régime.

Ils ont indiqué qu'ils s'entretiendraient avec les Turcs et que les émissaires du régime s'entretiendraient avec les Russes, avant que ces deux parrains des pourparlers ne se réunissent entre eux.

Stopper le "bain de sang"

L'accent de part et d'autre semblait mis sur le respect du cessez-le-feu instauré le 30 décembre avec l'aide des parrains de ces discussions, la Russie, la Turquie et l'Iran. Mais le ton était à la défiance.

Le chef de la délégation de l'opposition Mohammed Allouch a dit aux participants qu'il importait "de stopper cet horrible bain de sang" en consolidant le fragile cessez-le-feu et en gelant les opérations militaires. Il a ajouté que toutes les milices soutenues par l'Iran devaient quitter la Syrie.

L'opposition syrienne accuse le gouvernement et ces dernières de poursuivre leurs offensives dans plusieurs régions de Syrie, notamment dans la vallée de la Barada, au nord-ouest de Damas, en violation du cessez-le-feu.

Crimes de guerre

Le chef de la délégation gouvernementale syrienne Bachar al Djafa'ari a de son côté reproché leur grossièreté aux représentants de l'opposition. Il les a en outre accusés de défendre les "crimes de guerre" commis par les rebelles du Front Fateh al Cham (ex-Front al Nosra).

Le régime syrien considère la majeure partie des groupes rebelles présents aux négociations d'Astana comme des "terroristes" soutenus par l'étranger. Il se dit cependant prêt à discuter avec les groupes armés qui poseront les armes et accepteront des accords de réconciliation.

Les groupes rebelles fédérés sous la bannière de l'Armée syrienne libre (ASL) rejettent ces conditions. Ils disent que leur objectif est le départ du président Bachar al Assad par le biais d'un processus de transition politique soutenu par les Nations unies.

Cessez-le-feu mort

Sur le terrain, les combats continuent. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), des bombardements de l'aviation gouvernementale ont fait 12 morts dimanche et des tirs d'artillerie des rebelles ont tué six personnes à Alep.

Des combats se sont déroulés aussi dans la nuit de dimanche à lundi dans la région de Damas. Et des bombardiers russes à longue distance ont frappé des positions de l'EI à Deir Ezzor (est), où le sort des habitants se détériore de jour en jour.

Pour Rami Abdoulrahman, le directeur de l'OSDH, une ONG basée à Londres, "le cessez-le-feu est mort, mais les Russes et les Turcs veulent le maintenir artificiellement en vie pour bien montrer à la communauté internationale que ce sont eux qui sont aux commandes de la situation en Syrie".

ATS

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