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Lafarge avait effectué des paiements aux groupes djihadistes en Syrie pour qu'une cimenterie puisse continuer à fonctionner (archives).

KEYSTONE/AP/CHRISTOPHE ENA

(sda-ats)

La perquisition, entamée mardi au siège parisien du cimentier Lafarge, s'est terminée mercredi soir après deux jours d'investigations. Le groupe est soupçonné d'avoir indirectement financé des groupes djihadistes en Syrie.

Les investigations, menées depuis juin par trois juges d'instruction, doivent déterminer si le géant du ciment a transmis de l'argent à certains groupes, notamment l'Etat islamique (EI), pour continuer à faire fonctionner en 2013 et 2014, malgré le conflit, la cimenterie de Jalabiya (nord du pays).

Les enquêteurs cherchent aussi à savoir si des responsables en France de cette entreprise, qui a fusionné en 2015 avec le groupe suisse Holcim, ont eu connaissance de tels accords et du danger qu'ils ont pu faire courir aux employés syriens sur place.

Erreurs commises en Syrie

"LafargeHolcim rappelle qu'il a condamné avec la plus grande fermeté les erreurs commises en Syrie et qu'il met tout en place pour qu'une telle situation ne puisse plus se reproduire. Le dossier a été traité avec le plus grand sérieux au sein de la société qui a chargé dès 2016 un cabinet d'avocats de procéder à une enquête indépendante", avait réagi mardi soir le groupe dans une déclaration transmise à l'AFP.

Le scandale avait été révélé en juin 2016 par Le Monde. Dans son enquête, le quotidien avait mis en lumière de "troubles arrangements" entre Lafarge Cement Syrie (LCS), la branche syrienne du groupe, et le groupe EI qui gagnait alors du terrain et devenait incontournable dans la région.

Paiements aux groupes djihadistes

Deux mois plus tard, le ministère français de l'Économie avait porté plainte, déclenchant l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Paris, confiée au Service national de douane judiciaire (SNDJ).

Dans son rapport, dont l'AFP a eu connaissance, le SNDJ conclut que LCS a "effectué des paiements aux groupes djihadistes" pour que la cimenterie continue à fonctionner. Cela représentait pour l'EI une somme "de l'ordre de 20'000 dollars" par mois, a raconté aux enquêteurs Bruno Pescheux, directeur de la cimenterie de 2008 à 2014, d'après une source proche du dossier.

Dans cette affaire, une autre perquisition s'est déroulée mardi au siège de GBL (Groupe Bruxelles Lambert), la holding du milliardaire belge Albert Frère qui détient 9,4% du capital de LafargeHolcim. GBL, qui a confirmé dans un communiqué avoir fait l'objet d'investigations, a dit "coopérer pleinement" avec la justice.

A la Bourse suisse, l'action LafargeHolcim a été pénalisée par ces annonces. Après avoir perdu près de 3% en milieu de journée, le titre a terminé en baisse de 1,6% à 54,55 francs, alors que l'indice vedette SMI a abandonné 0,45%.

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ATS