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Par la bouche de son président Pietro Supino, Tamedia a annoncé la poursuite de sa stratégie de transformation numérique et de diversification.

KEYSTONE/THOMAS DELLEY

(sda-ats)

Le groupe de médias zurichois Tamedia a vu son bénéfice net plonger de 63,4% en 2016, à 122,3 millions de francs. Le résultat de l'année précédente avait été dopé par la fusion des annuaires électroniques search.ch et local.ch.

C'est un "bon" résultat, compte tenu de l'environnement, a déclaré Pietro Supino, éditeur et président du conseil d'administration de Tamedia, jeudi lors d'une conférence de presse à Zurich. Malgré le recul du marché publicitaire, il se déclare optimiste pour l'avenir. Le groupe va poursuivre sa stratégie de transformation numérique et de diversification.

Le chiffre d'affaires a baissé de 5,5% par rapport à l'exercice précédent pour s'établir à un peu plus d'un milliard de francs (1,005 précisément). Ce recul s'explique principalement par la baisse des recettes publicitaires dans la presse papier, la fermeture de l'imprimerie Ziegler Druck à fin 2015 et la vente de Swiss Online Shopping (FashionFriends).

Dépréciation de Trendsales

Sur le plan opérationnel, le résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (EBITDA) affiche une baisse de 17%, à 201 millions de francs. Sans les effets extraordinaires, le résultat 2016 est comparable à celui de l'exercice précédent. Parmi ces effets figure notamment une dépréciation de Trendsales, en raison d'une fraude commise par l'ancien patron de la société.

Les offres numériques - journalistiques et commerciales - ont pour la première fois apporté plus de la moitié (51%) du résultat opérationnel. Les recettes réalisées dans ce secteur représentent 31% du chiffre d'affaires du groupe.

Les premiers modèles numériques payants ont été introduits et les premières expériences sont encourageantes, selon Christoph Tonini, président de la direction générale. Le nombre des abonnements numériques aux quotidiens régionaux est passé de 6644 en 2014 à 25'197 en 2016. La part des abonnements numériques aux quotidiens régionaux n'est toutefois encore que de 5%.

Régression du marché publicitaire

L'année 2016 a été marquée par une régression plus importante que prévu de la publicité dans la presse imprimée, a relevé Christoph Tonini. Par rapport à 2015, les recettes ont diminué de 11% dans les quotidiens. Pour les hebdomadaires régionaux, le recul est de 9%. Le secteur le plus touché est la presse dominicale qui voit ses recettes publicitaires fondre de 20%.

Christoph Tonini constate un recul du lectorat et de la publicité en Suisse romande, où Tamedia contrôle notamment 24 heures, la Tribune de Genève, Le Matin, Le Matin dimanche, 20 Minutes et Bilan. Si la tendance se poursuit, il existe un risque de voir des titres disparaître.

Titres romands rentables

La Suisse romande "reste une région importante pour Tamedia", a souligné de son côté Pietro Supino. Il a précisé que les titres romands du groupe sont rentables, sans donner plus de détails.

Le président du conseil d'administration estime que Tamedia occupe une position forte sur l'Arc lémanique. Il a toutefois ajouté que des restructurations sont à prévoir partout dans les années à venir, aussi en Suisse romande. A l'automne 2016, Tamedia a supprimé treize emplois chez 24 heures et sept à la Tribune de Genève.

Réagissant aux résultats de Tamedia, syndicom exige que le groupe de presse "se soumette de nouveau immédiatement à la convention collective de travail (CCT)" pour l'industrie graphique.

Le syndicat demande aussi l'arrêt des mesures d'économies. Il invite aussi Pietro Supino, nouveau président des éditeurs alémaniques Schweizer Medien, à négocier avec les syndicats des médias cette année encore une CCT pour les journalistes en Suisse alémanique et au Tessin.

ATS

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