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Selon la SMV, en Valais, les tarifs prévus ne permettent plus d'assurer une relève médicale adéquate.

KEYSTONE/ALESSANDRO DELLA VALLE

(sda-ats)

La Société médicale du Valais est montée au front lundi devant la presse pour critiquer la nouvelle tarification des soins (Tarmed) proposée par la Confédération. Elle serait notamment une menace pour la relève médicale dans le canton.

"Le Valais est dans une situation fragile. Avec les propositions du conseiller fédéral Alain Berset, c'est le coup d'assommoir", a indiqué le Dr Pierre Arnold, membre du comité de la Société médicale du Valais (SMVS).

Le canton pâtit déjà d'une valeur de point tarifaire basse (0.82), que d'âpres négociations avec les assureurs n'ont pas réussi à relever, l'affaire étant actuellement entre les mains du Conseil d'Etat. Si l'on y ajoute les tarifs prévus, "l'atteinte sera encore plus dramatique et disproportionnée", estime la SMV, qui dénonce "une menace sérieuse pour la relève médicale".

Médecins vieillissants

La Suisse manquera de médecins de premiers recours (généralistes, internistes, pédiatres) d'ici 2030, mais en Valais, la pénurie se fait déjà sérieusement sentir, notamment dans le Chablais et dans les vallées latérales. En 2014, l'âge moyen des médecins dans le canton était de 57 ans.

En 2016, le Conseil fédéral a décidé d'investir 100 millions de francs sur quatre ans dans la formation pour contrer la pénurie. Mais avec la nouvelle tarification, il reprend en quelque sorte d'une main ce qu'il a donné de l'autre, estime la SMV.

En manque de médecins généralistes, le Valais accuse également un déficit en spécialistes, notamment de radiologues et de psychiatres. Les patients se tournent parfois vers l'extérieur du canton, "ce qui entraîne des coûts supplémentaires", a précisé le Dr. Pierre Arnold.

Jusqu'au 21 juin

En mars dernier, le Conseil fédéral a mis en consultation son projet de révision de la structure tarifaire Tarmed jusqu'au 21 juin. Il prévoit des économies de 700 millions de francs.

Les propositions devraient s'appliquer dès 2018. Il s'agit d'une solution transitoire. Hôpitaux, médecins et assureurs resteront responsables de réviser ensuite ensemble Tarmed avant approbation par le gouvernement.

Les médecins et les psychiatres sont déjà montés au front pour critiquer les propositions d'Alain Berset. De son côté, la principale faîtière des assureurs maladie santésuisse salue le principe de la révision de Tarmed, même si elle doute que le potentiel d'économies de 700 millions de francs puisse être atteint.

ATS

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