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"La politique monétaire n'est pas toute puissante", a déclaré lundi le président de la direction de la BNS, Thomas Jordan (archives).

KEYSTONE/PETER SCHNEIDER

(sda-ats)

Le président de la direction de la BNS Thomas Jordan a une fois de plus défendu lundi la fin du taux plancher de l'euro-franc, à l'Europa Forum de Lucerne. Le président de la Confédération Johann Schneider-Ammann s'est lui exprimé sur la voie bilatérale.

"La politique monétaire n'est pas toute puissante", a déclaré Thomas Jordan. Elle ne permet pas de résoudre des problèmes structurels, a-t-il ajouté.

Les difficultés n'étant pas encore toutes surmontées, il est trop tôt pour tirer un bilan définitif. Thomas Jordan a toutefois affirmé que la banque centrale "avait fait preuve de flexibilité et de pragmatisme dans la conduite de sa politique monétaire".

Indépendance menacée

Revenant sur l'abolition du taux plancher en janvier 2015, le membre de la direction de la Banque nationale suisse (BNS) a rappelé qu'il s'agissait d'une décision appropriée même s'il a admis que le franc reste nettement surévalué, alors que l'Union européenne (UE) est la principale partenaire commerciale de la Suisse. En 2015, les ventes à destination de la zone euro ont représenté 44% des exportations totales du pays.

Mais "étant donné les changements survenus à l'échelle mondiale, le cours plancher de 1,20 franc pour un euro ne pouvait plus être maintenu. Si elle avait attendu la BNS aurait dû accroître le montant de ses interventions, sans la perspective d'une stabilisation durable de la situation sur le marché des changes", s'est défendu Thomas Jordan.

"Une suppression plus tardive du cours plancher aurait entraîné des répercussions tout aussi fortes sur l'économie, mais également des pertes bien plus importantes pour la Banque nationale", a-t-il ajouté. Selon lui, cette situation aurait également entravé l'accomplissement à long terme du mandat de la BNS et menacé son indépendance.

Enfin, à ses yeux, cet instrument ne peut être utilisé que sur une durée limitée. Or le taux plancher de l'euro-franc a été instauré en 2011.

Interventions et taux négatif

Pour atténuer les effets de cette suppression, l'institut d'émission a abaissé dans la zone négative (-0,75%) le taux d'intérêt appliqué aux avoirs à vue détenus à la BNS. "Depuis lors, les taux d'intérêt sur le marché monétaire se situent autour de -0,75%", rappelle Thomas Jordan.

La BNS est aussi intervenue sur le marché des changes pour contrer les conséquences négatives induites par la fin du taux plancher. Elle continuera de le faire au besoin.

Ces deux derniers instruments contribuent à stabiliser l'évolution des prix et à soutenir l'activité économique, selon Thomas Jordan. "Il est cependant essentiel que les entreprises continuent de faire preuve de flexibilité et que tous les acteurs de la politique économique en Suisse veillent à garantir un cadre général solide", souligne le président de la direction de la BNS.

Quadrature du cercle

Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a pour sa part insisté sur la voie bilatérale, après l'initiative sur l'immigration de masse. Poursuivre ce chemin relève de la quadrature du cercle, qu'il s'agit de résoudre a-t-il déclaré.

Vis-à-vis de l'Europe, le Conseil fédéral recherche une "solution consensuelle" ou, faute de compromis, une clause de sauvegarde unilatérale, a rappelé le ministre de l'économie.

Car la Suisse "ne peut pas renoncer" à l'Europe et la voie des bilatérales doit être poursuivie. "En cas de suppression du premier paquet des bilatérales, nous perdrions en 20 ans l'équivalent d'un revenu annuel de l'économie suisse, soit deux fois le coût total des transversales alpines", a expliqué Johann Schneider-Ammann.

Le président de la Confédération a réaffirmé l'importance des liens économiques entre la Suisse et l'UE, même si celle-ci traverse "une phase délicate". "L'Europe reste notre premier partenaire économique", a-t-il relevé. "Le volume d'échanges avec le seul Land du Bade-Wurtemberg correspond à celui des échanges avec les Etats-Unis".

M. Schneider-Ammann a notamment mentionné le référendum sur le Brexit, la crise migratoire et le climat d'euroscepticisme qui s'est illustré dernièrement aux Pays-Bas.

Ne pas oublier la diversification

Si la voie des bilatérales doit être poursuivie, il ne faut pas pour autant négliger les relations avec d'autres régions du monde. Johann Schneider-Ammann a souligné que la Suisse dispose d'une stratégie de diversification, qui sera encore plus conséquente à l'avenir.

En 2050, quatre des plus grandes économies mondiales seront asiatiques (Chine, Inde, Indonésie et Japon), a indiqué le conseiller fédéral, et la Suisse développe depuis des années ses relations commerciales avec l'Asie. Il a évoqué l'accord de libre-échange signé avec la Chine.

Enfin, on peut s'attendre à "un changement des équilibres" en prévision de l'accord TAFTA, selon le ministre de l'économie. Ce traité de libre-échange est en négociation avec l'UE et les Etats-Unis. Sur cette question, "la Suisse reste aux aguets".

ATS