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Tensions Kiev-Moscou: le président ukrainien promulgue la loi martiale

Alors que le président ukrainien a promulgué mercredi la loi martiale dans son pays, un haut responsable de l'armée russe a confirmé le déploiement en Crimée d'un troisième système de missiles sol-air S-400 (archives).

KEYSTONE/EPA/SERGEI CHIRIKOV

(sda-ats)

Le président ukrainien Petro Porochenko a promulgué mercredi la loi martiale dans son pays, en pleine escalade des tensions avec la Russie. Cette décision pourrait conduire à l'annulation d'une rencontre Trump-Poutine prévue dans le cadre du sommet du G20.

Mercredi matin, "le président Porochenko a signé la loi" votée lundi par le Parlement ukrainien, a annoncé un de ses porte-parole, Sviatoslav Tsegolko. Si les conditions d'application de la loi martiale sont encore floues, elle a été introduite pour 30 jours dans dix régions frontalières et côtières.

Inédite, cette mesure a été prise en réponse à la capture par des gardes-côtes russes de trois navires de la Marine ukrainienne dimanche en mer Noire, au large de la péninsule ukrainienne de Crimée annexée par la Russie en 2014. Mercredi, les neuf derniers marins capturés qui devaient comparaître devant un tribunal ont été placés en détention provisoire jusqu'au 25 janvier, comme leurs 15 camarades l'avaient été la veille. Une détention "illégale" et un acte de "barbarie", a réagi Kiev.

La Russie se justifie

Il s'agit de la première confrontation militaire ouverte entre Moscou et Kiev depuis cette annexion et le début la même année d'un conflit armé dans l'est de l'Ukraine entre forces ukrainiennes et séparatistes pro-russes. Il a fait plus de 10'000 morts.

Mercredi, le président Vladimir Poutine a, à cet égard, déclaré que les forces russes avaient rempli leur devoir "à la perfection, avec précision", affirmant que les équipages ukrainiens n'avaient pas répondu aux mises en garde russes.

"Que s'est-il passé ? Ils (les Ukrainiens) n'ont pas répondu aux demandes de nos gardes-frontières. Et sont entrés dans nos eaux territoriales", a assuré le président russe, qualifiant l'accrochage de "provocation" organisée par Petro Porochenko, mal en point dans les sondages à quelques mois de l'élection présidentielle en Ukraine.

La veille au soir, son homologue ukrainien Petro Porochenko avait accusé la Russie d'avoir drastiquement renforcé sa présence militaire à la frontière ukrainienne. Il a aussi mis en garde contre "la menace d'une guerre totale" avec son puissant voisin.

Donald Trump hausse le ton

Parallèlement, Donald Trump est sorti de son silence, menaçant d'annuler sa rencontre, prévue pour la fin de la semaine, avec Vladimir Poutine au sommet du G20 en Argentine. "Peut-être que je ne ferai pas cette entrevue" prévue avec M. Poutine dans ce cadre, a averti Donald Trump, soulignant "ne pas aimer cette agression", dans un entretien avec le Washington Post.

Côté russe, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a pourtant assuré que la préparation de la rencontre "se poursuivait". "Les deux parties ont un besoin identique de cette rencontre", a renchéri le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov, évoquant une rencontre en "deux parties: un tête-à-tête et un entretien avec les membres clés des délégations des deux pays".

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a toutefois parallèlement accusé les Etats-Unis et "certaines capitales européennes" de tolérer les "caprices" de Kiev.

La Turquie comme intermédiaire

Ces nouvelles tensions ukraino-russes ont également été au coeur de conversations téléphoniques séparées mercredi entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et ses homologues russe et ukrainien. Selon la présidence ukrainienne, M. Porochenko a appelé "le président turc à renforcer la pression sur la Russie en vue de la libération des marins et navires ukrainiens".

Face aux inquiétudes, les autorités ukrainiennes ont assuré à plusieurs reprises que la loi martiale, qui permet de mobiliser les citoyens, réguler les médias et limiter les rassemblements publics, avait un caractère "préventif". "L'objectif de la loi martiale consiste à montrer que l'ennemi payera très cher s'il décide de nous attaquer. Cela sera comme une douche froide qui arrêtera les fous ayant le projet d'attaquer l'Ukraine", avait par exemple déclaré mardi soir à la télévision le président Porochenko.

Mercredi, un haut responsable de l'armée russe, Vadim Astafiev, a par ailleurs confirmé le déploiement en Crimée d'un troisième système de missiles sol-air S-400, un fleuron de l'industrie militaire russe.

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