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La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga jeudi à Paris à la conférence sur la lutte contre le financement du terrorisme, entourée de trois ministres français, Nicole Belloubet, Gérard Collomb et Bruno Le Maire (de g. à dr.).

Keystone/AP/PHILIPPE WOJAZER

(sda-ats)

Plus de 70 Etats, dont la Suisse, et une vingtaine d'organisations se sont engagés jeudi à Paris à renforcer la lutte contre le financement du terrorisme. Les participants ont adopté une déclaration comprenant un catalogue de plusieurs mesures.

Organisée au siège de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la conférence internationale de Paris a réuni sur deux jours près de 500 experts et 80 ministres de 72 pays. Ils ont planché sur le financement du terrorisme international, en particulier celui du groupe Etat islamique (EI) et d'Al-Qaïda.

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga représentait la Suisse. Elle était accompagnée du secrétaire d’Etat aux questions financières internationales, Jörg Gasser.

Le discours ferme de Macron

"Nos ennemis s'infiltrent au coeur de nos sociétés. Ils utilisent toutes les formes contemporaines de financement. Il nous faut franchir une nouvelle étape dans la lutte contre Daech (acronyme arabe de l'Etat islamique, ndlr) et Al-Qaïda", a déclaré en soirée le président français Emmanuel Macron.

"Il faut assécher le terrorisme à la racine: il se nourrit des trafics d'êtres humains, de drogues ou d'armes. Il y a toujours un sous-jacent économique. Pour être efficace nous devons prendre l'engagement de la transparence et de la mobilisation", a-t-il ajouté.

Lutter contre l'anonymat des transactions financières, renforcer la traçabilité et la transparence des organisations à but non lucratif et des collectes de solidarité, impliquer les grands acteurs d'internet et des médias sociaux, ou encore accroître le soutien aux Etats vulnérables: telles sont quelques-unes des mesures de la déclaration de principe adoptée à la clôture de la conférence, selon un communiqué du Département fédéral de la justice (DFJP).

M. Macron a baptisé "Coalition de Paris" la réunion de ces 72 pays signataires d'une déclaration commune. Il a annoncé que l'Australie "avait accepté d'organiser la prochaine réunion de cette coalition" en 2019, "pour avancer concrètement sur l'agenda ainsi défini".

Trois axes majeurs pour Berne

"Etant l'une des principales places financières au monde, la Suisse est particulièrement consciente de sa responsabilité dans la lutte contre le financement du terrorisme", a souligné la conseillère fédérale. Berne s'engage dans cette lutte à travers trois axes principaux: améliorer la détection, renforcer la coordination entre les acteurs au niveau national, intensifier la coopération internationale, selon le DFJP.

La Suisse a mis en place un système dans lequel le secteur privé communique ses soupçons concernant des transactions douteuses de manière particulièrement précise, ce qui permet un gain d’efficacité et de rapidité. Mme Sommaruga a relevé que la Suisse est également consciente de pouvoir faire mieux encore dans certains domaines. Elle travaille notamment à améliorer la réglementation de l'activité des conseillers en création de sociétés.

Le président français Emmanuel Macron avait annoncé la tenue de cette conférence, baptisée "No money for terror - Conférence de lutte contre le financement de Daech et d'Al-Qaïda", lors de son discours aux ambassadeurs de France réunis à Paris fin août.

"Terrorisme low-cost"

Les enquêteurs et services antiterroristes du monde entier ont été au cours des dernières années confrontés à des attentats ou des tentatives d'attentats, surnommés "terrorisme low-cost", qui ont mobilisé de très petites sommes d'argent. Et donc difficiles voire impossibles à tracer et repérer à l'avance.

En janvier 2015, une chercheuse norvégienne, Emilie Oftedal, a étudié pour le compte du Norwegian Defense Research Establishment (FFI) quarante cellules terroristes qui ont, entre 1994 et 2013, organisé ou tenté d'organiser des attentats en Europe.

Le résultat est que dans les trois quarts des cas le montant des sommes en jeu pour l'organisation des attaques n'a pas dépassé dix mille dollars. Jeudi matin, le procureur de Paris François Molins a révélé qu'un total de 416 donateurs ayant participé au financement du groupe EI avaient été identifiés en France. Il s'est alarmé d'un "micro-financement" du terrorisme alimenté par des sommes "modiques mais en nombre important".

Interrogé sur Franceinfo sur le coût des attaques djihadistes de 2015 en France, le magistrat a estimé que "les terroristes ont eu besoin de 25'000 euros pour organiser les attentats de janvier 2015 (contre Charlie Hebdo et le supermarché Hyper Cacher) et 80'000 pour ceux du 13 novembre" à Paris et Saint-Denis.

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ATS