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Theresa May a présenté le programme du parti conservateur dans un discours prononcé dans une ancienne fabrique à tapis du XIXe siècle, devant tous les poids lourds de son gouvernement.

KEYSTONE/AP PA/DANNY LAWSON

(sda-ats)

La Première ministre britannique Theresa May a demandé jeudi aux Britanniques de "renforcer" sa main en vue des négociations du Brexit lors des législatives du 8 juin. Elle a promis de limiter l'immigration non-européenne, puis celle en provenance de l'UE.

"Venez me rejoindre au moment où je me bats pour le Royaume-Uni", a lancé Theresa May en présentant à Halifax (nord de l'Angleterre) le programme du Parti conservateur pour les élections. Au moment où le pays embarque pour le "grand voyage" du Brexit, elle a insisté sur l'importance d'avoir un "mandat clair" afin d'arracher "le meilleur accord possible" lors des négociations avec l'Union européenne.

Au pouvoir depuis 2010, les Tories caracolent en tête des sondages. Une enquête publiée jeudi suggère cependant une forte progression du Labour depuis la publication de son programme résolument à gauche: le parti de Jeremy Corbyn gagne huit points pour grimper à 34% des intentions de vote, contre 49% pour les Tories.

Les autres partis sont relégués au rang de faire-valoir, avec les libéraux-démocrates à 7% et le parti europhobe Ukip à seulement 2%, alors qu'il était la troisième force politique du pays à l'issue des législatives de 2015 avec 12,6% des voix.

Rdéuire le solde migratoire

Les conservateurs, en plaçant la question de l'immigration au coeur de leur programme, ont privé l'Ukip de son principal argument de campagne. Et Mme May ne s'est pas privée jeudi de répéter l'objectif de ramener le solde migratoire net à moins de 100'000 personnes par an, contre 273'000 en 2016, une promesse que les Tories peinent à remplir depuis des années.

Evoquant la "pression sur les bas salaires et les services publics", Mme May compte d'abord faire baisser le nombre des arrivées en dehors de l'UE avec une augmentation de la taxe patronale pour employer ces immigrés.

Actuellement, cette taxe s'établit à 364 livres (462 francs) par an pour les petites entreprises et jusqu'à 1000 livres pour les moyennes et grandes entreprises. Après la sortie de l'UE et du marché unique dans moins de deux ans, Londres pourra commencer à limiter aussi le nombre d'immigrés européens, ce qui lui est impossible pour l'instant en raison du principe de libre circulation.

"Analphabètes économiques"

L'objectif, réaffirmé alors que le pays affiche son taux de chômage le plus bas depuis 1975, à 4,6%, essuie cependant les critiques, y compris au sein des rangs conservateurs. Le quotidien The Evening Standard, dont l'ex-ministre conservateur des Finances George Osborne est le nouveau rédacteur en chef, évoque ainsi une décision "analphabète sur le plan économique" qui demeure un "mystère".

Mme May risque aussi de mécontenter une autre catégorie de son électorat, les personnes âgées, puisqu'elle compte raboter certaines aides pour financer le secteur des soins en crise.

Quelques dizaines de manifestants protestaient jeudi à Halifax derrière des banderoles appelant à "virer les Tories" accusés de ruiner le système de santé NHS. A cet égard, Mme May a fait un choix fort en venant présenter son programme dans une circonscription détenue par le parti travailliste depuis 1987 mais qu'elle compte bien ravir au Labour dans trois semaines.

ATS

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