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Des explosions et des tirs ont été entendus lundi soir à Bujumbura, à quelques heures de l'ouverture des bureaux de vote pour une présidentielle controversée au Burundi. L'opposition a une nouvelle fois appelé au boycott du scrutin.

Des journalistes de l'AFP ont entendu au moins trois fortes explosions et des tirs parfois nourris, sans pouvoir déterminer leur localisation. Aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat et les tirs, plus sporadiques, continuaient d'être audibles peu avant 23H00 (22H00 suisses).

Selon des témoins, des inconnus ont ouvert le feu sur des policiers, qui ont répliqué dans le quartier de Ngagara, au nord du centre-ville, où au moins deux explosions ont aussi été entendues. Au moins deux autres explosions et des tirs ont retenti dans celui de Nyakabiga, au nord-est du centre-ville, et des coups de feu étaient entendus à Kanyosha, dans le sud de la capitale, selon des habitants.

Une grenade a explosé lundi en fin d'après-midi dans une artère commerçante au coeur de la capitale, sans faire de victime mais rappelant le climat délétère dans lequel se déroule le scrutin.

Victoire assurée pour Nkurunziza

Des tirs étaient régulièrement entendus la nuit durant le mouvement de contestation, née fin avril après l'annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, en violation selon ses adversaires de la Constitution et de l'Accord d'Arusha. Ce mouvement a été émaillé de violences qui ont fait au moins 80 morts.

M. Nkurunziza apparaît assuré de remporter la victoire lors du scrutin de mardi, boycotté par l'opposition. Dans ce contexte, Charles Nditije, chef de file du parti d'opposition Uprona, a exhorté lundi la communauté internationale à ne pas reconnaître le résultat de cette élection.

Un porte-parole de l'Union africaine, Jacob Enoh Eben, a fait savoir lundi que l'organisation ne dépêcherait pas d'observateurs pour veiller au bon déroulement du vote dans la mesure où, dit-il, "les conditions ne permettent pas d'élections crédibles, transparentes et libres".

Crainte de guerre civile

Les pourparlers entre gouvernement et opposition n'ont donné quasiment aucun résultat. Les dernières discussions ont même été suspendues dimanche, en l'absence de représentants du pouvoir autour de la table.

Des diplomates en poste dans le pays craignent que la crise actuelle ne dégénère en guerre civile. Cette perspective est d'autant plus redoutée dans cette région qu'elle réveille le souvenir du génocide au Rwanda, qui avait fait 800'000 morts en 1994.

ATS