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Richard Grenell dit vouloir soutenir les "conservateurs partout en Europe", estimant que l'élection de Donald Trump avait insufflé partout un souffle nouveau.

KEYSTONE/AP/MICHAEL SOHN

(sda-ats)

Les partis de gauche en Allemagne ont demandé mardi le renvoi du nouvel ambassadeur étasunien à Berlin. Ce fidèle de Donald Trump est accusé d'interférer dans les affaires intérieures et d'aggraver des relations bilatérales déjà très tendues.

Richard Grenell est dans le collimateur à la fois pour avoir déclaré dimanche au site d'extrême droite Breitbart vouloir "soutenir" la droite dure en Europe et pour se comporter en "vice-chancelier" allemand - selon ses détracteurs - en organisant des rencontres avec des dirigeants étrangers de premier plan de passage dans la capitale allemande.

Le responsable social-démocrate Martin Schulz, ancien président du Parlement européen, a demandé mardi son renvoi à Washington. "Ce que fait cet homme est unique dans la diplomatie internationale", a-t-il dit à l'agence dpa.

"Officier colonial d'extrême droite"

"Si l'ambassadeur allemand à Washington disait qu'il était en poste pour renforcer le parti démocrate, il serait immédiatement renvoyé", a-t-il ajouté, après avoir accusé sur Twitter M. Grenell d'agir comme "un officier colonial d'extrême droite".

L'une des figures de proue de la gauche radicale allemande, Sahra Wagenknecht, a également exigé le départ "immédiat" de l'ambassadeur, arrivé en poste il y a seulement un mois.

Objectif: désunir l'Europe

Le mécontentement commence aussi à monter du côté du gouvernement d'Angela Merkel. "Grenell veut renforcer les courants qui en Europe cherchent à stopper, voire inverser le processus d'unité européen", a jugé un responsable du parti conservateur de la chancelière pour la politique étrangère, Jürgen Hardt.

Les critiques s'élèvent aussi dans le camp démocrate aux Etats-Unis. Dans un communiqué, la sénatrice Jeanne Shaheen a rappelé que les ambassadeurs "ne doivent pas se mêler de la politique locale ou régionale en soutenant des partis politiques, des candidats ou des causes. Si l'ambassadeur Grenell ne veut pas s'abstenir de déclarations politiques, il devrait être rappelé immédiatement".

Entretien mercredi

Du coup, un entretien inaugural prévu mercredi de longue date pour l'ambassadeur américain au ministère allemand des Affaires étrangères, avec un secrétaire d'Etat, prend désormais des allures de convocation.

"Nous aurons certainement des choses à nous dire", a prévenu le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas. Berlin a déjà demandé lundi, suite à l'interview à Breitbart, "une clarification" à M. Grenell, accusé de se départir des règles de non-ingérence et de neutralité des représentants diplomatiques.

Le diplomate y dit vouloir soutenir les "conservateurs partout en Europe", estimant que l'élection de Donald Trump avait insufflé partout un souffle nouveau.

Entrevue avec Netanyahu

L'ambassadeur haut en couleurs a suscité aussi des remous pour son activisme à Berlin: il a ainsi organisé lundi une entrevue avec Benjamin Netanyahu, en visite en Allemagne, qui sortait tout juste d'une rencontre avec Angela Merkel.

La chancelière allemande venait de réaffirmer sa volonté de maintenir en vie l'accord sur le nucléaire iranien, que rejette catégoriquement le Premier ministre israélien, soutenu par les Etats-Unis.

De même, l'ambassadeur étasunien a pris l'initiative d'inviter à déjeuner le 13 juin le chancelier autrichien Sebastian Kurz, qu'il a qualifié de "rockstar" et dit admirer. M. Kurz, à la tête d'une coalition avec l'extrême droite, a souvent critiqué dans le passé la politique migratoire généreuse de Mme Merkel.

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ATS