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Le Samu montré du doigt en France voisine après le décès d'une jeune femme (archives)

KEYSTONE/EPA/MAXPPP/PHILIPPE LAVIEILLE

(sda-ats)

La mort d'une jeune femme, raillée au téléphone par les services de secours qui ont refusé de la prendre immédiatement en charge, suscite mercredi un tollé en France. La ministre de la santé a lancé une enquête tandis que les urgentistes dénoncent un manque de moyens.

Fin décembre, cette femme âgée de 22 ans a composé le numéro du Samu, les services d'urgence, souffrant de fortes douleurs au ventre. Dans l'enregistrement de son appel, obtenu par la famille de la femme, on l'entend qui peine à s'exprimer et semble à bout de force. "J'ai mal au ventre", "J'ai mal partout", "Je vais mourir...", dit-elle en soupirant.

"Vous allez mourir, certainement un jour comme tout le monde", lui répond alors l'opératrice des pompiers. On entend aussi les échanges qui précèdent où l'opératrice qui régule les appels du Samu et une femme du Centre de traitement des alertes (CTA) des pompiers se moquent de la malade.

Les urgences ne seront finalement déclenchées qu'au bout de plusieurs heures, après un nouvel appel aux secours, qui débouchent cette fois-là sur une intervention. Mais il est trop tard: emmenée à l'hôpital, la patiente est victime d'un infarctus puis transférée en réanimation avant son décès dans un hôpital de Strasbourg.

Selon le quotidien Le Monde, qui cite le rapport d'autopsie, la jeune femme est décédée des suites d'une "défaillance multiviscérale sur choc hémorragique": plusieurs organes s'étaient arrêtés de fonctionner.

Deux enquêtes en cours

La ministre de la santé, Agnès Buzyn, s'est dite sur Twitter "profondément indignée par les circonstances du décès". Elle a annoncé avoir demandé une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales "sur ces graves dysfonctionnements", s'engageant à ce que la famille "obtienne toutes les informations".

Les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) ont de leur côté annoncé avoir diligenté le 2 mai une enquête administrative. "La première analyse plaide pour une procédure de traitement d'appels qui n'est pas conforme aux bonnes pratiques", a indiqué Christophe Gautier, directeur général des HUS.

En attendant l'issue des enquêtes, l'opératrice concernée a été affectée à un autre service, "de façon à ce qu'elle ne soit plus sur un rôle de réponse aux patients".

Manque de moyens

Le scandale, largement repris dans la presse française, relance les critiques sur le manque de moyen des services de santé. "On voit depuis 20 ans flamber les difficultés dans les Samu", souligne ainsi dans le quotidien Le Parisien le président de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF), Patrick Pelloux.

"En 1988, il y avait 8 millions de passages par an aux urgences. Aujourd'hui, c'est 21 millions. Les appels au Samu ont, dans le même temps, plus que triplé. Mais nous n'avons pas redimensionné les centres d'appels pour répondre à la demande. Résultat: nous devenons de véritables call centers. C'est inacceptable", juge M. Pelloux.

Dans un communiqué commun, deux organisations de médecins urgentistes ont demandé mardi "un rendez-vous immédiat" avec la ministre de la santé "pour trouver des solutions aux problèmes de régulation médicale afin qu'un tel drame ne se reproduise pas".

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ATS