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Nils Melzer veut pouvoir toucher les populations sur l'interdiction de la torture (archives).

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

L'usage de la torture est interdit et ne fonctionne pas. Le rapporteur de l'ONU sur ces mauvais traitements, le Suisse Nils Melzer, condamne les déclarations récentes du président américain Donald Trump et est inquiet d'une éventuelle réouverture de prisons secrètes.

"Non, la simulation de noyade ne fonctionne pas", a-t-il dit vendredi dans un entretien à l'ats. Des études scientifiques montrent que la torture et les méthodes "coercitives" n'aboutissent pas à des aveux fiables, mais à de fausses confessions ou de fausses accusations de tiers.

Mercredi, M. Trump avait estimé que la torture fonctionnait. Il a toutefois ajouté qu'il s'en remettrait à la décision du secrétaire à la défense James Mattis et du directeur de l'Agence centrale de renseignement (CIA) Mike Pompeo, avant d'autoriser son utilisation.

Il a redit vendredi qu'il laisserait M. Mattis décider s'il faut réinstaurer la torture. Celui-ci n'est pas favorable à ces pratiques d'interrogatoire, croyant davantage en la mise en confiance des prisonniers pour obtenir des informations.

Dans tous les cas, M. Melzer rappelle que ce type de pratique est "inadmissible" et qu'il est interdit dans le monde entier par plusieurs Conventions internationales. "Des méthodes comme les armes chimiques ou le génocide marchent très bien. Mais on ne peut pas dire qu'elles soient justifiées".

Torture moins dénoncée récemment

Et le Suisse de se dire préoccupé par l'impact que ces déclarations pourraient avoir sur les dirigeants d'autres pays. "La dernière chose dont on a besoin est un président américain qui donne de la flexibilité et de la légitimité à ces méthodes inhumaines".

Des indications sur un projet de décret autorisant à nouveau les prisons secrètes de la CIA ont également été évoquées cette semaine. L'ancien conseiller aux Etats tessinois Dick Marty avait oeuvré pendant longtemps il y a quelques années contre ces sites dans plusieurs pays.

Ce scénario d'une possible réouverture inquiète M. Melzer. En cas de détention secrète, "le risque de mauvais traitements est extrême" et ils sont très difficiles à empêcher, affirme le rapporteur suisse de l'ONU.

Globalement, la population dans le monde justifie davantage qu'auparavant le recours à la torture, comme le montre un récent rapport du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Parmi les explications possibles, M. Melzer se demande si les habitudes des citoyens consommateurs de numérique ne les empêchent pas de voir "ce que cela signifie dans la réalité".

Torture pas autorisée par Obama

Ces citoyens sont de moins en moins conscients que la torture est "atroce". D'autant plus que la population américaine est loin des zones de conflit. M. Melzer souhaite aussi se rendre aux Etats-Unis comme rapporteur.

Il s'est fixé comme priorité pour ces prochaines années de réaffirmer l'interdiction de la torture. Mais il cherche les moyens de toucher davantage "les émotions" des citoyens que de rappeler uniquement la situation juridique.

Le précédent président américain Barack Obama avait fermé les prisons secrètes américaines à l'étranger. Il avait par ailleurs interdit l'usage de la torture.

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ATS