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Sur les 12'000 hectares liés par contrats à l'usine d'Aarberg pour la récolte de cette année, 8000 ha se trouvent en Suisse romande, soit presque une moitié des producteurs, selon Sucre suisse (photo symbolique).

Keystone/PETER KLAUNZER

(sda-ats)

Les cultures de betteraves à sucre se déplacent peu à peu de Suisse orientale vers le Jura et les abords du Léman. Mais une fois dégagées du sol romand, ces plantes à racine charnue gagnent via le rail, par dizaines de milliers de tonnes, les sucreries alémaniques.

L'histoire de l'usine sucrière de Frauenfeld explique à elle seule cette situation. Alors que les cantons de Vaud et de Thurgovie bataillaient pour héberger la 2e usine sucrière de Suisse, il y a environ 50 ans, la Confédération a tranché pour le chef-lieu alémanique, rappelle Josef Meyer, président de la Fédération suisse des betteraviers. Une grande déception pour les producteurs vaudois.

"Si on leur avait promis qu'ils ne pâtiraient pas du fait que les usines se situaient à Aarberg (BE) et Frauenfeld (TG), on n'a pas tardé à attribuer les quotas de production avant tout en Suisse alémanique, afin de réduire les frais de transport des betteraves", explique M. Meyer. Nombre d'agriculteurs n'ont dès lors pas été autorisés à se lancer dans la récolte de betteraves sucrières.

"Nombreuses défections"

Le mécanisme paraît quelque peu rouillé aujourd'hui, alors que toujours plus de cultures romandes comblent un besoin de production. Et que les frais de transport "se répercutent sur les paiements aux planteurs". Quand on sait qu'il faut entre 1,3 et 1,6 million de tonnes de betteraves par an pour produire 220'000 à 260'000 tonnes de sucre, on comprend que ces coûts soient élevés.

Le but est de cultiver 20'000 hectares de champs par an pour assurer les besoins de la Suisse, précise Samuel Jenni, gérant du centre betteravier suisse. "Depuis 2016, à cause des nombreuses défections en Suisse orientale, 1000 hectares restent à attribuer." Cela en dépit du fait que les parcelles se sont déjà multipliées dans le Jura et ont même doublé en un an entre Cossonay (VD) et Genève.

Betteraves contre carottes

Les récoltes romandes, qui rejoignent Aarberg via le rail depuis le canton de Fribourg également et, dans une moindre mesure, depuis Neuchâtel et le Valais, restent plus petites que celles près du lac de Constance. Le canton de Vaud cultive tout de même aujourd'hui à lui seul le quart des betteraves suisses, une part qui a continué de croître ces dernières années, indique Josef Meyer.

Les usines sucrières sont "très contentes d'avoir ces Romands" qui élargissent leurs surfaces de production. Dans le canton de Zurich et en Thurgovie, bon nombre d'agriculteurs transforment en revanche les leurs en champs de carottes ou d'oignons. "Le climat y accueille bien ces légumes, contrairement à celui du Gros de Vaud, où les paysans ont moins d'alternatives que la betterave", pointe M. Jenni.

Mais pourquoi un tel changement? "Les légumes bénéficient d'une bonne protection à la frontière", explique M. Meyer. Ce n'est pas le cas du sucre suisse, lié au prix du sucre européen par des accords bilatéraux. En conséquence, le prix des betteraves a chuté depuis dix ans. La Suisse ne peut pas non plus octroyer des aides à l'exportation, ni prévoir des restrictions d'importation.

Deux usines nécessaires

Selon le président de la Fédération suisse des betteraviers, rien ne sert d'ouvrir une usine dans le canton de Vaud pour répondre à ces évolutions. "Un investissement de 150 millions non envisageable", d'après lui. Et si l'on ne garde qu'une fabrique, les 20'000 hectares annuels ne pourraient plus être transformés. En outre, pour être rentables, les deux usines doivent tourner à plein régime.

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ATS