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Le président Joseph Kabila s'était rendu dans la région quelques jours plus tôt, promettant de tout mettre en oeuvre pour imposer paix et sécurité (archives).

KEYSTONE/AP/FRANK FRANKLIN II

(sda-ats)

Trente-six civils ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo. La population a manifesté peu après sa colère contre la succession de massacres perpétrés par les rebelles.

Vingt-deux hommes et quatorze femmes ont péri dans ce massacre, a indiqué le porte-parole du gouvernement de la RDC. Il a précisé qu'un deuil national de trois jours avait été décrété à partir de lundi.

le massacre a été perpétré à Rwangoma, un quartier périphérique de Beni, une ville frontalière du parc des Virunga, où s'abritent des groupes armés, dans le nord du Nord-Kivu.

Visite de Kabila

Dimanche, une centaine de personnes scandant des slogans hostiles aux gouvernement et au président Kabila ont manifesté à Beni. Les manifestants portaient au moins un nouveau corps sans vie d'une des victimes de la tuerie, selon des témoins. "C'est anormal qu'on nous massacre comme des chèvres", a protesté en swahili, Georges Kamate, un conducteur de taxi-moto.

"Notre gouvernement est incapable de nous sécuriser", criait un autre manifestant. Cette nouvelle attaque a eu lieu 72 heures après une visite du président congolais Joseph Kabila dans la région. Il avait promis de tout mettre en oeuvre pour "imposer" la paix et la sécurité.

"Il y a déjà 35 corps ramenés à la morgue de l'hôpital de Beni", a déclaré de son côté Gilbert Kambale, président de la société civile de la ville de Beni. "C'est la consternation parce que le président de la République est passé par ici et voilà que nous sommes massacrés", a-t-il regretté.

Pour le lieutenant Hazukay, les ADF ont "contourné" les positions de l'armée "pour venir massacrer la population en guise des représailles" aux opérations militaires en cours dans la zone.

Série de massacres

La ville et le territoire de Beni ont été endeuillés depuis octobre 2014 par une série de massacres ayant coûté la vie à plus de 600 civils. Le gouvernement congolais et la Monusco accusent les ADF d'être responsables de ces tueries.

Cette version a été partiellement remise en cause par un récent rapport du Groupe d'étude sur le Congo de l'Université de New York. Selon lui, les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces massacres, mais aux côtés d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

En dépit des efforts de stabilisation déployés par la communauté internationale et les autorités congolaises, cette région reste déchirée par la violence depuis la fin de la deuxième guerre du Congo (1998-2003).

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ATS