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Tristesse et pessimisme parmi les Serbes de Mitrovica après l'assassinat d'Ivanovic

Ils ont été des milliers à suivre, jusqu'à la sortie de la ville, le corbillard parti du siège de la petite formation sociale-démocrate que dirigeait Oliver Ivanovic, devant laquelle il a été abattu mardi.

KEYSTONE/AP/BOJAN SLAVKOVIC

(sda-ats)

De nombreux Serbes de Mitrovica, au Kosovo, ont exprimé mercredi leur tristesse et leur pessimisme quant aux chances de succès de l'enquête en cours sur l'assassinat d'Oliver Ivanovic. L'homme politique serbe kosovar a été tué la veille.

Ils ont été des milliers à suivre, jusqu'à la sortie de la ville, le corbillard parti du siège de la petite formation sociale-démocrate que dirigeait Oliver Ivanovic, devant laquelle il a été abattu mardi. La police a indiqué qu'elle cherchait toujours à déterminer l'identité des assassins.

"Oliver n'a jamais voulu partir d'ici, abandonner son Mitrovica et son Kosovo. Il encourageait les Serbes à rester. Mais le jour où il faut l'accompagner vers Belgrade est arrivé, dans un cercueil", a commenté Ksenija Bozovic, vice-présidente du parti, l'Initiative civique.

Agé de 64 ans, Oliver Ivanovic, rare représentant de sa communauté à parler l'Albanais, avait une image de modéré parmi la classe politique serbe du Kosovo, même s'il devait être rejugé pour crimes de guerre en 1999 contre des kosovars albanais, une accusation qu'il niait. Il était aussi un des rares à s'opposer à la ligne politique imposée aux Serbes du Kosovo par la Serbie.

Avec sa mort, "nous n'avons plus de politicien civilisé", se lamente Sasa, 41 ans, qui ne donne pas son identité complète.

Acte terroriste ou politique?

Selon les résultats de l'autopsie révélés dans la nuit de mardi à mercredi, Oliver Ivanovic a été la cible de six tirs d'une arme de poing vraisemblablement munie d'un silencieux, un "Zastava", la marque d'armement de l'ex-Yougoslavie. La police a annoncé mercredi avoir interrogé des témoins et ouvert une ligne téléphonique dédiée, afin de recueillir des informations confidentiellement.

Elle examine des images de vidéosurveillance et enquête sur les déplacements de l'Opel Astra utilisée par les tueurs. Le véhicule a été retrouvé calciné à proximité des lieux du crime.

De nombreux mystères devront être éclaircis par l'enquête, codirigée par des procureurs serbe et albanais du Kosovo: tueurs serbes ou albanais kosovars? "Acte terroriste ou assassinat politique?", s'interrogeait le quotidien serbe indépendant Danas.

"Les polices, la nôtre comme la leur, ne feront rien, comme toujours", affirme Sasa. Il se dit convaincu que les assassins ne seront jamais découverts.

Sécurité renforcée

Mitrovica, où la police a dit avoir renforcé la sécurité "dans des endroits sensibles", est divisée entre secteurs serbe au nord et albanais au sud. Elle est aussi en proie à une importante criminalité.

Ses 85'000 habitants vivent toujours dans une atmosphère tendue, près de deux décennies après le conflit de 1998-99 entre forces serbes et indépendantistes kosovars albanais (13'000 morts). Avec le soutien de Belgrade, la minorité serbe du Kosovo (120'000 personnes sur 1,8 million) rejette toujours l'indépendance près de dix ans après sa proclamation en février 2008.

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