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Un meurtre suspect dans le quartier de Little Italy en 1939 (archives)

KEYSTONE/AP International Center of Photography/WEEGEE

(sda-ats)

Dix personnes suspectées d'appartenir à la mafia new-yorkaise ont été interpellées mardi. Il s'agit du troisième coup de filet en à peine plus de six mois visant Cosa Nostra outre-Atlantique.

Tous les suspects arrêtés mardi appartiendraient au clan Bonanno, l'une des cinq grandes familles de la mafia italo-américaine du nord-est des Etats-Unis, avec les Colombo, les Gambino, les Genovese et les Luchese.

Durant près de vingt ans, ils se seraient livrés, entre autres, à de l'extorsion, des jeux clandestins et du trafic de drogue dans le quartier d'Howard Beach, situé en bord de mer dans le district du Queens à New York, non loin de l'aéroport John F. Kennedy.

Ronald Giallanzo, alias "Ronnie G", le membre du clan Bonanno le plus gradé, avait organisé un système de prêts usuraires à des taux "exorbitants", selon des éléments de l'enquête publiés mardi par les services de la procureure fédérale du district est de l'Etat de New York, Bridget Rohde.

Les prêts pouvaient parfois se monter au total à 3 millions de dollars, selon l'enquête. Les enquêteurs citent l'exemple d'un homme qui devait 250'000 dollars aux suspects et n'avait pas procédé au paiement des intérêts hebdomadaires réclamés par ses créanciers.

Ronald Giallanzo et l'un de ses hommes l'auraient frappé à l'arrière d'une voiture en lui hurlant "Où est mon putain de fric ?" Un autre membre de la bande, Evan Greenberg, alias "le Juif" ("The Jew"), s'était aussi vanté d'avoir renversé par surprise un mauvais payeur en le saisissant par les chevilles, sa tête heurtant le bitume.

"Comme une hydre"

La mafia italo-américaine est indissociable de la région de New York, voire de l'histoire des Etats-Unis, depuis les années 1920, mais elle est passée au second plan depuis le début des années 2000. La mort en prison en 2002 de John Gotti, chef du clan Gambino et dernière personnalité marquante de Cosa Nostra, avait même semblé marquer la fin d'une époque.

Aidées par l'émergence des repentis à partir du milieu des années 60, les autorités avaient décimé les rangs de la mafia américaine. Cosa Nostra faisait également face à une concurrence nouvelle, venue des cartels mexicains, de l'ancienne URSS ou d'Asie.

Après le 11-Septembre, le terrorisme a en outre été élevé au rang de priorité par les autorités, ce qu'il n'était pas jusque-là. Mais "Cosa Nostra, c'est comme une hydre", estime Richard Frankel, avocat au sein du Seiden Group et ancien agent fédéral affecté un temps au crime organisé à New York. "Quand les autorités n'enquêtent plus sur elle, elle reprend des forces et revient".

Au bout de Little Italy

Début août dernier, une quarantaine de membres présumés de quatre des cinq familles ont été interpellés pour leur rôle présumé dans diverses opérations illégales.

Dépossédée du trafic de drogue par les cartels mexicains, la mafia du nord-est des Etats-Unis s'est rabattue sur des activités plus locales: extorsion, prêts usuraires, jeu clandestin, fraude aux cartes de crédit ou à l'assurance santé.

Little Italy, à Manhattan, n'est plus qu'une carte postale qui se résume à une portion de rues et quelques restaurants italiens, mais au bout du district du Queens, à Ozone Park et Howard Beach, ils font partie de la communauté italo-américaine.

C'est là que vivait aussi John Gotti, le petit-fils du parrain légendaire, qui a été interpellé le 22 mars dernier et est soupçonné notamment d'avoir braqué une banque.

ATS

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