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Après le dépouillement de toutes les urnes dans cette course pour un siège à la Chambre des représentants, à Washington, le républicain Troy Balderson menait avec 50,2% des voix.

KEYSTONE/FR52593 AP/JAY LAPRETE

(sda-ats)

Les républicains américains ont évité d'extrême justesse un sonnant revers électoral dans l'Ohio. Ils se sont proclamés vainqueurs dans un scrutin pourtant si serré qu'il est perçu comme un signal très encourageant pour les démocrates avant les législatives.

Après le dépouillement de toutes les urnes dans cette course pour un siège à la Chambre des représentants, à Washington, le républicain Troy Balderson menait 50,2% contre 49,3% pour le démocrate Danny O'Connor dans la nuit de mardi à mercredi, selon les autorités locales. Mais quelque 5000 votes par correspondance et plus de 3400 bulletins provisoires restaient à dépouiller et le vainqueur n'avait pas été désigné officiellement.

Peu importe, le bouillant président n'a pas attendu l'annonce officielle du vainqueur pour féliciter Troy Balderson... tout en s'attribuant sa remontée après des sondages inquiétants.

"Gros retournement positif"

Donald Trump avait fait le déplacement samedi pour appuyer son candidat et multipliait depuis les tweets de soutien. Son vice-président Mike Pence, deux de ses fils, Eric et Donald Jr., s'étaient fendus de leurs propres messages mardi.

"Après mon discours samedi soir, il y a eu un gros retournement positif. Maintenant Troy remporte une grande victoire à une époque difficile de l'année pour les élections", s'est-il réjoui sur Twitter.

Troy Balderson a remercié le président, devant ses supporteurs. "L'Amérique est sur la bonne voie et nous allons y rester", a-t-il lancé, en remerciant le président américain.

Mais cette très courte victoire ne suffit pas à effacer l'embarras d'avoir été mis en difficulté dans ce fidèle bastion qui vote républicain depuis près de quarante ans. Les dix points d'avance du mois de juin de Troy Balderson, 56 ans, se sont évaporés dans cette banlieue aisée de la capitale de l'Etat, Columbus.

"Très inquiet"

Pour le statisticien spécialiste des élections américaines, Nate Silver, "une victoire au cordeau n'est pas une bonne nouvelle pour les républicains". Si le scénario se reproduit à l'automne dans "des circonscriptions similaires, les républicains vont certainement perdre la Chambre", a-t-il écrit sur le site FiveThirtyEight.

"Cette course ne devrait même pas avoir été disputée (...) je suis très inquiet", a lancé un ancien élu républicain de la Chambre, Charlie Dent, sur CNN. "Il est évident que l'énergie est du côté démocrate".

"Bon sens"

Se gardant d'entrer dans une joute directe avec Donald Trump, Danny O'Connor, avocat de 31 ans, avait appelé sans relâche à la mobilisation. Il a promis mardi soir de livrer de nouveau bataille en novembre, lorsque le siège sera remis en jeu.

Loin des programmes ultra-progressistes présentés avec succès par les démocrates dans d'autres circonscriptions, Danny O'Connor proposait une ligne relativement modérée qui le démarque toutefois nettement des politiques de Donald Trump. Il tient au renforcement de la couverture santé, plaide pour des limitations "de bon sens" sur les armes et dénonce une "guerre commerciale" qui affecte les agriculteurs de l'Ohio.

"Swing states"

L'Ohio fait partie des "swing states", ces Etats-clés de l'élection présidentielle américaine. Donald Trump y avait devancé la candidate démocrate Hillary Clinton de huit points en 2016 et de onze points dans la circonscription en jeu mardi. L'élection partielle a été déclenchée par le départ imprévu de l'élu républicain en place depuis plus de 15 ans.

Le 6 novembre, les 435 sièges de la Chambre des représentants, un tiers (35) du Sénat et les postes de gouverneurs de 36 Etats seront en jeu.

Les démocrates ont plus de chance de faire basculer la majorité à la Chambre qu'au Sénat, mais ils doivent pour cela arracher 23 sièges aux républicains. Ils pourraient alors sérieusement entraver les politiques de Donald Trump et multiplier leurs efforts pour le pousser hors de la Maison Blanche.

Or les démocrates ont déjà remporté ces derniers mois plusieurs trophées électoraux marquants, en battant ou en mettant en sérieuses difficultés des républicains dans des territoires d'ordinaires favorables, comme le sud-ouest de la Pennsylvanie et l'Alabama.

"Vague bleue"

Face au risque de voir sa majorité basculer, Donald Trump sillonne le pays pour soutenir les candidats républicains, moquant les prédictions. "Ils parlent d'une vague bleue. Je n'y crois pas", a ainsi tonné le président américain samedi, en référence à la couleur des démocrates aux Etats-Unis.

Des primaires avaient également lieu mardi dans le Michigan, le Missouri et l'Etat de Washington, ainsi que dans le Kansas pour désigner un candidat au poste de gouverneur. Donald Trump y a apporté son soutien à un candidat qui menaçait dans la nuit de ravir la place du gouverneur républicain sortant.

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ATS