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L'Union européenne et la Chine à pied d'oeuvre vendredi à Bruxelles pour resserrer leurs liens sur le climat

KEYSTONE/AP EPA Pool/OLIVIER HOSLET

(sda-ats)

Donald Trump a annoncé la sortie des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, isolant ainsi son pays sur la scène internationale et semant la consternation parmi les 194 autres pays signataires de ce texte. La Chine, la Russie et l'UE vont resserrer leurs liens.

"L'heure est venue de quitter l'accord de Paris", a lancé le président américain dans les jardins de la Maison-Blanche dans un long discours - parfois confus - au cours duquel il a par moments retrouvé les accents de sa campagne électorale.

"J'ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris", a lancé le président Trump, qui a mis en avant la défense des emplois américains et dénoncé un accord "très injuste" pour son pays.

Les réactions ont fusé des quatre coins de la planète - dans la sphère politique mais aussi économique - entre stupeur, colère et effarement.

De New York à la Californie, plusieurs dizaines de villes et d'Etats américains ont immédiatement organisé la résistance, promettant qu'au niveau local, l'Amérique continuerait d'avancer vers une économie verte. Quelques centaines de personnes se sont par ailleurs rassemblées devant la Maison-Blanche pour dire leur colère.

Moscou et Pékin engagés

L'accord de Paris, conclu fin 2015 et dont son prédécesseur démocrate Barack Obama fut l'un des principaux architectes, vise à contenir la hausse de la température moyenne mondiale "bien en deçà" de 2°C par rapport à l'ère préindustrielle. Les Etats-Unis sont le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre derrière la Chine.

Celle-ci, qui s'est peu à peu imposée comme un pays leader de la "diplomatie climat", a promis vendredi d'appliquer l'accord de Paris. La Russie ne reviendra pas non plus sur sa décision de rejoindre l'accord.

Affichant sa volonté de négocier un "nouvel accord" ou de renégocier l'accord existant, Donald Trump, élu sur la promesse de "L'Amérique d'abord", est resté extrêmement évasif sur les engagements que les Etats-Unis seraient prêts à prendre.

Responsabilité commune

La réponse des Européens, tranchante, ne s'est pas fait attendre: s'ils "regrettent" cette décision, Berlin, Paris et Rome ont souligné, dans un communiqué commun, que l'accord ne pouvait en aucun cas être renégocié. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a de son côté affirmé qu'il n'y aurait pas de "retour en arrière".

Jugeant que M. Trump avait commis "une erreur" pour les intérêts de son pays et "une faute" pour l'avenir de la planète, le président français Emmanuel Macron a appelé les scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs américains à venir travailler en France sur "des solutions concrètes" pour le climat.

A l'offensive, passant à l'anglais, il a souligné la responsabilité commune de tous les pays: "Make our planet great again", a-t-il lancé, dans une paraphrase du slogan de Donald Trump ("Make America great again").

Le Français Laurent Fabius, qui avait présidé la COP21 à Paris, a pour sa part dénoncé "une faute honteuse et une erreur majeure", soutenue par "un lot de mensonges".

Les regrets d'Obama

Barack Obama a, lui, amèrement regretté cet arbitrage de son prédécesseur: "J'estime que les Etats-Unis devraient se trouver à l'avant-garde. Mais même en l'absence de leadership américain; même si cette administration se joint à une petite poignée de pays qui rejettent l'avenir; je suis certain que nos Etats, villes et entreprises seront à la hauteur et en feront encore plus pour protéger notre planète pour les générations futures".

De même, de nombreuses figures du monde économique ont fait part de leur déception, et ont insisté sur l'urgence d'agir face au réchauffement.

ATS

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