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"J'annonce aujourd'hui que les Etats-Unis vont se retirer de l'accord nucléaire iranien", a déclaré Donald Trump à la Maison Blanche.

KEYSTONE/AP/EVAN VUCCI

(sda-ats)

Donald Trump a annoncé le retrait pur et simple des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien avec un retour de toutes les sanctions. Les Européens dénoncent cette position dure qui limite leurs marges de manoeuvre. Ils doivent se concerter mercredi.

Le président iranien Hassan Rohani, qui s'était beaucoup investi dans cet accord, a immédiatement accusé son homologue américain de pratiquer "une guerre psychologique". La décision fracassante de Washington, dénoncée par tous les autres signataires y compris par l'ex-président démocrate Barack Obama, fait craindre une nouvelle montée des tensions au Moyen-Orient.

"J'annonce aujourd'hui que les Etats-Unis vont se retirer de l'accord nucléaire iranien", a déclaré Donald Trump à la Maison Blanche. Il tient ainsi, quinze mois après son arrivée au pouvoir, une promesse de campagne: "démanteler" cet accord emblématique fruit de 21 mois de négociations internationales acharnées pour empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique.

"Aujourd'hui, nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge", a-t-il martelé. "Le futur de l'Iran appartient à son peuple" qui mérite un "meilleur" gouvernement, a-t-il aussi estimé, dans une formule qui alimente les spéculations sur la volonté de Washington de faire tomber in fine le régime iranien.

Tâche compliquée

Concrètement, Donald Trump a choisi l'option la plus radicale: toutes les sanctions levées en contrepartie de l'engagement pris par la République islamique de ne pas se doter de l'arme nucléaire sont rétablies. "Immédiatement" pour les nouveaux contrats, et d'ici le 6 août ou le 4 novembre pour les entreprises, y compris étrangères, déjà présentes en Iran, qui ont donc trois à six mois pour en "sortir" avant d'être frappées par les mesures punitives leur barrant l'accès aux marchés américains.

"Tout pays qui aidera l'Iran dans sa quête d'armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis", a mis en garde M. Trump. Son conseiller à la sécurité nationale John Bolton a même laissé planer la menace de "sanctions supplémentaires".

Autrement dit, il sera très risqué pour une entreprise européenne de maintenir ses investissements en Iran. Cela devrait compliquer la tâche des signataires européens de l'accord de 2015, qui espèrent encore sauver les meubles.

La Suisse inquiète

"La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine", a déclaré sur Twitter Emmanuel Macron. Dans un communiqué commun, les trois Etats, se sont dits "déterminés à assurer la mise en oeuvre" de ce texte en "maintenant les bénéfices économiques" au profit de la population iranienne.

Moscou a aussi fait part de sa "profonde déception" et de son "extrême inquiétude". Dans la région, la Turquie a dit craindre "de nouveaux conflits" tandis que la Syrie a "condamné avec force" l'annonce du retrait des Etats-Unis de l'accord, affirmant sa "totale solidarité" avec Téhéran. Le Japon estime que ce retrait est "très regrettable" et compte suivre de très près l'impact de la décision américaine.

La Suisse a elle aussi exprimé son inquiétude mardi soir. Mais cela ne change rien à sa position. Berne va continuer de respecter pleinement l'accord et les sanctions telles que décidés par une résolution de l'ONU, écrit mardi soir le Département fédéral des affaires étrangères.

En revanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, plus ferme soutien de Donald Trump sur ce dossier, a soutenu "totalement" cette décision "courageuse", tout comme le royaume sunnite d'Arabie saoudite, grand rival régional de l'Iran chiite.

Accord "plus large"

Malgré le retrait américain, Emmanuel Macron, qui s'était rendu à Washington fin avril, a relancé mardi son initiative visant à travailler "collectivement" à un accord "plus large" couvrant "l'activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient".

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ATS