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La commémoration de la "Journée des martyrs" a tourné à la bataille rangée lundi au centre de Tunis. Les policiers ont chassé à coups de lacrymogènes des manifestants désireux de défiler sur la célèbre avenue Bourguiba interdite depuis peu aux rassemblements. Un bilan fait état de 15 blessés.

Réfugiés dans des cafés ou des commerces, des Tunisiens incrédules contemplaient des scènes inédites depuis plusieurs mois dans la capitale: fumée de lacrymogènes, charges à moto ou en camion de policiers casqués et armés de matraques, manifestants interpellés brutalement, voire frappés.

Au moins quinze personnes ont été blessées, selon une source hospitalière. Selon l'avocate et militante des droits de l'homme Radia Nasraoui, qui a participé aux manifestations, "il y a eu des dizaines de blessés, mais tous ne sont pas allés à l'hôpital". "On est en train de dresser une liste des personnes qui ont été tabassées", a-t-elle dit, se déclarant "choquée par la sauvagerie" des policiers.

Avenue interdite

Tout a commencé lundi en milieu de matinée sur l'avenue, interdite depuis le 28 mars aux rassemblements, sur décision du ministère tunisien de l'Intérieur. Répondant aux appels lancés sur les réseaux sociaux, des centaines de personnes, hommes, femmes, vieux et jeunes, s'étaient pourtant rassemblées pour commémorer "la Journée des martyrs" et réclamer la réouverture de l'avenue.

L'artère symbole de la révolution tunisienne est interdite aux rassemblements depuis des incidents lors d'une manifestation d'islamistes qui s'en étaient pris à des artistes.

Le porte-parole du ministère tunisien de l'Intérieur Khaled Tarrouche a réitéré l'interdiction de manifester. "On ne va pas laisser s'installer le chaos. Les gens ont la possibilité de manifester ailleurs que sur l'avenue Bourguiba", a-t-il dit.

Cette manifestation de lundi avait été appelée pour commémorer le souvenir de la répression sanglante par les troupes françaises d'une manifestation à Tunis le 9 avril 1938.

ATS